<< | architecture | corps | alimentation | agriculture | relations | scénario pour le futur | aperçus du futur | >>
Avertissement
Ce document a été rédigé en février 2000
en tant que note préparatoire au livre vers
l'Homme de demain.
Depuis, mes recherches sur l'architectures se sont considérablement développées.
Tout en gardant son intérêt, cette note se prolonge par trois livres:
livre 1: principes des structures architecturales légères
livre 2: représentation de l’espace, sens des formes et morphogenèse
livre 3: habiter des cabanes-cocons entre arbres et nuages
D'autre part, j'adopte la convention suivante :
- le terme 'homme' en minuscules et italique désigne l'espèce
humaine actuelle ;
- le terme 'HOMME' en majuscules et italique désigne l'homme
métamorphosé ;
- les termes 'homme' et 'femme' en minuscules désignent respectivement
les représentants mâles et femelle de l'espèce humaine actuelle
;
- les termes 'HOMME' et 'FEMME' en majuscules désignent respectivement
les représentants mâles et femelle de la nouvelle espèce.
Tout ça n'est pas parfait, mais ça a le mérite d'être
assez simple et facile à retenir. Il sera toujours temps de remplacer
ces mots lorsque le besoin s'en fera sentir...
Au cours des derniers millénaires, l'espèce humaine s'est
fortement axée sur l'expérimentation de l'univers physique dans ce
qu'il a de plus 'matériel', avec ses caractéristiques d'extériorité,
de séparation, de solidité, de lourdeur, d'impénétrabilité
:
- elle a vécu dans des grottes, creusé des mines, labouré
la peau de la Terre, découpé et charrié des millions et des
millions de tonnes de pierres pour édifier des maisons, des forteresses,
des enceintes, des mausolées, des temples, etc. ;
- l'homme
s'est relié à son corps par ce qu'il a de plus solide, les os,
avec tous les assemblages de muscles et de tendons ; c'est cette solidité
qu'il ressent et lui sert à agir ;
- il a réduit le monde extérieur
à une collection d'objets solides, certes parfois doublés d'objets
invisibles aux caractéristiques plus immatérielles sans que cela
enlève rien à la réalité et à la solidité
des dits objets extérieurs.
Or le dehors est en fait une projection du dedans ; or le corps des êtres
vivants sur Terre, l'homme y compris, est composé essentiellement
d'eau (80% environ chez l'homme et jusqu'à 99% chez la méduse)
; or la 'matière' a une autre face, totalement immatérielle,
c'est-à-dire dénuée de solidité, étalée
partout et 'sensible' à tout (cf. l'esprit
dans la matière).
C'est la réintégration consciente
de cette facette oubliée qui constitue le nouveau défi pour l'homme.
C'est le chemin vers une nouvelle espèce, consciente de son talent, de
son pouvoir, de sa responsabilité, désireuse de jouer à
fond le Jeu de la Création en
partenariat avec Tout-ce-qui-vit.
Il est évident dans ces conditions qu'une nouvelle architecture est
appelée à naître, apte à servir de support d'évolution
pour ces êtres désireux de jouer ce jeu. Une telle architecture
doit être légère :
1. au sens propre, la structure doit
peser peu ; pour fixer les idées, je dirai que son poids doit être
du même ordre de grandeur que le poids du volume d'air qu'elle enclôt
(une hémisphère de 5m de diamètre a un volume d'environ 33
m3, ce qui représente un poids d'air de 43 kg ; une structure qui pèserait
aux alentours d'une centaine de kg répondrait au critère).
2.
la structure est légère aussi pour l'environnement : parce qu'il
est fait usage de matériaux qui font partie de la peau de la Terre et qui
ne réclament pas de transformations dispendieuses en énergie,
parce que la forme s'intègre harmonieusement au lieu et aux êtres
qui l'entourent, parce que le fonctionnement est également simplifié,
et enfin parce que la structure une fois détruite ou enlevée,
aucune verrue ne subsiste.
3. la structure est légère enfin
pour l'homme car peu coûteuse, facile et rapide à monter, simple à
entretenir.
D'autre part, une telle architecture doit mettre en uvre les processus par lesquels la nature elle-même crée de façon à assurer une symbiose avec les êtres vivants sur Terre. Cela signifie que la forme doit résulter d'une morphogenèse, et que, idéalement, sa matérialisation doit résulter, elle, d'une ontogenèse.
Enfin, cette architecture doit relier l'homme au cosmos. C'est l'idée de 'cocon', non pas au sens d'isolement (ça, c'est la fonction de la grotte), mais au contraire au sens de mise en résonance avec les puissantes forces de transformation à l'uvre dans l'univers. L'homme peut ainsi se relier à ses multidimensions, à Gaïa, avec qui est à conclure un pacte de co-création, avec l'Ame Collective en gestation, avec toutes les âmes qui poursuivent la même quête. Pour ce faire, un rôle capital est dévolu aux vecteurs primordiaux de l'information, qui sont aussi la principale nourriture de l'homme (tout se tient!) : la lumière, l'eau, et l'air. Le cocon, par sa forme, son implantation, son procédé constructif, et les matériaux utilisés, fonctionne ainsi comme un amplificateur-émetteur-récepteur.
L'idée essentielle est que l'habitat doit être un support d'évolution
pour les êtres qui l'animent, et en cela agir comme un cocon. Comprenons
bien qu'il ne s'agit surtout pas d'imiter la forme du cocon mais de concevoir un
lieu de vie qui remplisse pour l'homme la même fonction que le
cocon pour la chenille. La chenille rentre dans son cocon, se dissout, se relie
à ce qu'il y a de plus grand en elle, le rêve du papillon, et
ressort métamorphosée en papillon. De même, l'homme
va rentrer dans son 'habitat-cocon', dissoudre ses croyances limitantes, se
relier à ce qu'il y a de plus grand en lui (le Principe Créateur,
ses multidimensions, Gaïa, Râ,
etc.), projeter le rêve de l'HOMME, et en ressortir métamorphosé.
Je
tiens à insister sur le fait que cette transformation n'est pas 'mécanique'
! Il ne suffit pas à n'importe qui de rentrer dans un tel cocon pour,
comme par miracle, ressortir métamorphosé. Mettre un caillou ou un
bout de bois dans le cocon d'une chenille n'a jamais donné naissance à
un papillon. C'est dire que l'homme qui participe à ce jeu doit être
déjà prêt. En particulier il est indispensable qu'il se soit
déjà allégé de la charge de son passé. C'est,
d'une manière générale, la condition préalable à
la projection d'un nouveau futur. Sinon le lieu risque d'amplifier les peurs et
autres problèmes personnels au lieu d'amplifier le rêve et
permettre son incarnation. Il n'est au fond qu'un accélérateur de
transformation. Mieux vaut habiter dans un cube de béton avec des
intentions claires que dans un cocon avec des intentions incohérentes.
J'ajouterai
que c'est la chenille qui entre dans le cocon, pas le papillon. Ceci pour dire
qu'il ne faut tout de même pas exiger des êtres qui entreprennent ce
chemin qu'ils soient déjà entièrement transformés !
Ce qui est exigé, c'est juste qu'ils soient prêts à nourrir
le rêve de l'HOMME. Le reste est affaire de co-création
avec les autres, avec Gaïa, avec Tout-ce-qui-est.
Encore une remarque.
La participation de ceux qui vont animer le lieu à la conception et à
la réalisation est primordiale. L'heure n'est plus aux grandes cathédrales
et c'est à chacun de bâtir la sienne. Les Maîtres d'uvre
ne sont là que pour aider en partageant leur savoir-faire, mais il
incombe à chacun de nourrir le rêve de son cocon et à le
poser dans la matière.
Ceci conduit à l'idée que le cocon est un lieu sacré.
Il est donc réservé à certaines activités, tandis
que d'autres lieux servent à d'autres activités. En particulier,
il est favorable :
- aux rêves, à la méditation, aux
expériences en état de conscience modifié
, bref, tout
ce qui réactive la vie intérieure dans le sens multidimensionnel
et transpersonnel ;
- aux activités de création artistique,
qui existent à cette frontière délicate entre imagination
et action, et qui permettent d'approcher la synthèse magique de
l'intention, de l'action et de la perception ;
- à l'amour bien sûr,
qui relie tous les plans, rencontre de deux âmes qui dans la matière
se retrouvent en cur, en corps et en esprit ;
- à la gestation
des enfants et à leur mise au monde ;
- à la culture de
certaines nourritures, dans un jeu de co-évolution : germination,
fermentation
- à l'absorption d'aliments primordiaux (lumière,
sons, air, eau, vibrations) et à l'absorption de nourritures plus solides
mais chargées d'éléments primordiaux ;
-
Il
est important de comprendre que cette liste n'est pas exhaustive et surtout
qu'elle ne pose pas des autorisations et des interdits. Ce ne sont que des
exemples, étant entendu que c'est à chacun de poser ses règles
du jeu quant à ce qu'il est convenable ou non de faire en son lieu, étant
entendu également que chacun doit être à même
d'observer les règles du jeu qu'il a posé pour voir si elles
l'aspirent vers le futur ou si elles contiennent encore des croyances limitantes
qui retiennent prisonnier du passé. Au besoin les autres sauront lui
montrer. C'est cela aussi la fonction du collectif, que chacun joue pour les
autres le rôle de miroir.
Revenons à l'architecture.
Etant données les caractéristiques
climatiques actuelles (1) dans la plupart des régions
du globe d'une part, et le fait que ce n'est que le tout début du
processus de métamorphose d'autre part, le cocon doit aussi jouer un rôle
de protection face à certains excès de la nature, des accès
de colère (2) de Gaïa et des hommes : chaleur,
froid, vent, pluie, neige, etc. Mais cette protection n'a pas le même sens
que dans l'habitat actuel où il s'agit avant tout de mettre une barrière
devant nos peurs. Ici, cela se fait avec l'intention d'effacer le plus possible
la frontière intérieur-extérieur. La vie dans le cocon doit
nous rapprocher de sensations primordiales, malgré l'existence d'une séparation
: sensation de l'ombre fraîche d'un sous-bois, du bruissement des
feuilles, du balancement des branches, de la caresse d'une brise, du chant de
l'eau, de la lumière rendue cristalline par une eau vive, de la lumière
tamisée par les nuages, de la chaleur du Soleil sur la peau, de la
profondeur d'un ciel étoilé, etc. D'où l'importance de la légèreté,
tout le bâtiment étant comme une peau douée d'une sensibilité
extrême.
La fonction de protection reste indispensable tant que les
changements au-dedans de nous ne seront pas complètement descendus dans
nos corps ni dans celui de Gaïa. Mais on va faire en sorte que cette 3ème
peau qu'est l'habitation soit suffisamment sensible pour nous faire éprouver
à l'intérieur des sensations semblables à celles que l'on éprouve
à l'extérieur, en ne gardant que les meilleures.
A de rares exceptions près, les formes issues du Minéral,
celles des êtres vivants et celles conçues par l'homme,
sont suffisamment différentes pour que nous n'ayons aucune peine à
les distinguer. Nous sentons bien que derrière, il doit y avoir des
principes organisateurs différents.
Dans le règne Minéral,
de puissantes forces agissent au niveau des constituants élémentaires
de la matière. Toutefois, hormis par exemple dans les cristaux, ou bien, à
l'autre bout de l'échelle, dans les objets stellaires, leurs effets ne
sont guère apparents. La matière inorganique s'organise à
notre échelle en tas, en agrégats, en amoncellements.
En
comparaison, les formes conçues par l'homme paraissent éminemment
ordonnées. C'est que leur élaboration obéit implicitement
ou explicitement à des règles qui, dans la plupart des cas, se ramènent
aux principes de la géométrie euclidienne.
Chez les êtres vivants, plusieurs facteurs rendent intenable la
position cherchant à ramener leur forme à des principe géométrique
simples et à expliquer leur genèse entièrement par le jeu
de forces physiques aveugles :
1. il ne semble pas que la nature se laisse
contraindre par le monde physique, même si ses réalisations obéissent
bien évidemment aux lois physiques, quand on observe que, s'agissant des
formes, tout est possible ;
2. les organismes se
construisent par ontogenèse, par une poussée intérieure qui
leur fait absorber énergie et matière pour croître de l'intérieur
conformément à leur plan (3) ;
3. avec les êtres
vivants, ne se pose pas seulement la question de la genèse d'une forme,
qui n'est déjà pas simple, mais aussi de sa mémorisation et
de sa reproductibilité (en d'autres termes il n'y a pas seulement un
processus physique qui conduit telle ou telle caractéristique à se
matérialiser, il y a aussi mémorisation et capacité de
reproduction de ce processus).
Bref, les processus de morphogenèse à l'uvre chez les êtres
vivants sont très différents de ce que l'on observe dans le règne
Minéral ou dans les créations humaines. L'essentiel tient selon
moi en ces points :
- une forme n'est pas un simple bout d'espace modelé
par des forces extérieures,
- elle se construit de l'intérieur
pour matérialiser une intention,
- car elle a un sens pour l'être
qui la conçoit et les être qui la perçoivent.
Si l'on veut une architecture sensée, alors il faut la concevoir dans
cet esprit. Tout doit partir de l'intention. Ici c'est celle du 'cocon' développée
au paragraphe précédent. L'idée est donc de concevoir des
formes qui enclosent une surface de 5 à 50 m2 environ, qui protègent
des excès atmosphériques, tout en étant extrêmement
sensibles pour aider l'homme à se relier à l'univers
Remarquons
que de telles formes n'existent pas aujourd'hui sur Terre. Il faut donc se
retrousser les manches et mettre en uvre les processus par lesquels la
nature elle-même crée : l'intention s'incarne par étapes,
d'abord dans des fluides sensibles, pour finir dans de la matière solide.
Si
Gaïa souhaitait relever un tel défi, qu'inventerait-elle ? Voilà
une autre manière de poser la question.
On pourrait se dire que, certes, des formes répondant à ce
'cahier des charges' n'existent pas, mais qu'il en existe beaucoup dont on
pourrait s'inspirer : imiter le cocon de la chenille, ou bien la corolle d'une
fleur, etc. Une telle démarche est vouée à l'échec :
1.
Nous ne sommes pas des chenilles ni des plantes ; nos intentions ne sont pas les
mêmes, et par conséquent leur matérialisation doit prendre
des formes différentes (même si à terme une convergence
n'est pas exclue).
2. De telles imitations conduisent également à
des incohérences physiques, car ce qui marche à une échelle
ne marche généralement pas à une autre. Certains insectes
courent sur l'eau, l'homme ne le peut pas, et pourtant l'eau et les lois
physiques auxquelles elle obéit sont les mêmes ! Il faut se
souvenir par exemple que le volume, et donc aussi la masse, augmente comme le
cube de la dimension. Si l'on cherche à imiter une petite forme en
augmentant sa taille d'un facteur 100, sa masse va augmenter d'un facteur 1
million, et des problèmes nouveaux et insurmontables ne vont pas manquer
d'apparaître (comme la résistance de la structure à son
propre poids !).
3. Par-delà ces incohérences, se pose un
problème plus grave : en voulant prendre le raccourci de l'imitation, on
n'effectue pas le travail de prise de conscience qui doit nous conduire à
devenir ce que nous sommes par un double mouvement d'intériorisation et
d'extériorisation.
Le même danger guette ceux qui travaillent à
un niveau symbolique. Prétendre qu'un escalier en hélice symbolise
l'ADN ou qu'une maison circulaire symbolise le cosmos n'a pas vraiment de sens (4) . Plus précisément, ces réalisations
n'induisent pas de réels effets de résonance avec l'ADN du corps
ou avec le système solaire. Les correspondances restent mentales. Car les
symboles, comme d'ailleurs les rituels, ne nous relient pas à notre
nature profonde, spontanée et créative. Ils nous en éloignent
même en tant qu'ils sont des reflets de reflets, des constructions
mentales collectives investies de la croyance erronée qu'ils sont proches
de notre nature profonde ! C'est encore une fois une manière de fuir, d'éviter
l'expérience de ce-qui-est.
Il n'y a pas de raccourci sur le chemin :
nous devons descendre dans les tréfonds de la matière, car elle
aussi est un reflet de nous-mêmes, elle aussi nous révèle,
et elle aussi est à transmuter.
L'architecture dont il est question ici n'est pas une
fin en soi. Elle n'est, je le rappelle, qu'un support d'évolution pour
les êtres. Je dirai même que la véritable finalité,
c'est l'architecture de l'être. Nous ne sommes qu'au tout début
d'une vaste métamorphose, d'une conscientisation et d'un vécu du
Jeu de la Création par quoi l'architecture finira par être
non-architecture, tout comme l'agriculture deviendra non-agriculture. Quelques
exemples de ces jeux :
- jeu de co-création avec le Végétal
pour obtenir, sans travail (5), tous les matériaux de
construction nécessaires : tiges, câbles, tuyaux, membranes
;
-
jeu de co-création avec Gaïa pour rêver et réaliser
une nouvelle espèce végétal qui, adulte, aurait toutes les
caractéristiques souhaitées de l'habitat-cocon ;
- jeux avec
le climat en collaboration avec toutes les espèces vivants sur Terre ;
-
jeux avec notre propre corps pour développer, par exemple, la capacité
de produire intérieurement de la chaleur (comme le font déjà
certains yogis ou les adeptes tibétains du tumo).
Il est important de comprendre que nous sommes déjà partie
prenante dans tout ce qui arrive, des aléas climatiques à l'évolution
des espèces. Par là je n'entends pas seulement ce qui se passe extérieurement
comme conséquence de nos actes (pollution, atteinte à la
biodiversité, etc.), mais d'abord ce qui se passe à l'intérieur,
toutes les pensées et émotions que l'on projette. Le Jeu de la Création
est à l'uvre mais nous le voyons pas : le monde est la
manifestation de nos pensées. Il s'agit à présent d'intégrer
la règle du jeu pour jouer en toute conscience. Donc comprendre d'abord
que le dehors est le reflet du dedans, et ensuite changer nos croyances dans un
sens qui soit plus favorable à la qualité de vie et à la
croissance de tous les êtres. Alors le dehors, à travers nos
relations avec notre corps, les autres, le climat, etc., reflétera ce
nouvel état.
Tous ces jeux que j'évoque
ne sont donc pas des projets d'ingénieurs généticiens et
autres docteurs Folamour (6) . Ils sont la plus haute
spiritualité, la plus haute métaphysique, la plus grande magie
aussi.
Quand un être vivant déclenche intérieurement la poussée
qui va conduire à sa matérialisation sur Terre, il est
automatiquement à un point de convergence de toutes les forces cosmiques.
Une plante qui germe à l'arrivée du printemps n'a pas à
regarder le calendrier ni à faire une cérémonie pour célébrer
l'équinoxe. Parce que Tout-ce-qui-est est ce qu'il est, parce que la
plante est ce qu'elle est, parce que tout est relié, elle germe, un point
c'est tout. Elle prend sa place parmi le Minéral et le Végétal,
sinon elle ne germe pas, ou disparaît très vite dans l'estomac de
quelque animal ! Nous ne sommes pas dans la causalité, où l'après
d'une chose résulte de son avant ; nous sommes dans la synchronicité
totale où l'ici et maintenant résulte de tout-ce-qui-est
maintenant.
Tant que l'homme n'est pas suffisamment avancé
dans le Jeu de la Création pour faire construire directement son
habitation par Gaïa, il est l'intermédiaire obligé entre les
forces cosmiques et la forme. Trois séries de paramètres sont à
prendre en compte : les paramètres locaux, les paramètres fixes de
la Terre, et les paramètres extra-terrestres.
Les paramètres locaux concernent la circulation de l'air, la
circulation de l'eau, l'ensoleillement, la nature du sol et du sous-sol, plus
toutes les espèces animales et végétales qui vivent là.
L'habitation doit faire corps avec la nature, comme si elle était née
d'elle, et ne pas sembler posée là, comme venue d'on ne sait où.
Bien qu'édifiée par l'homme, elle appartient en essence au
corps physique de Gaïa.
Ceci est très important car des
relations profondes et subtiles vont s'établir entre tous les habitants
du lieu. Les caractéristiques du lieu créent un microclimat
favorable au cocon. En outre, à travers l'eau (voir plus loin), la lumière,
et toutes les vibrations subtiles de l'air, s'établissent d'intenses échanges
d'informations. C'est ainsi qu'en retour, la forme et les êtres qui
l'animent agissent sur le lieu, en un jeu de miroir chargé de sens.
Ceci
est l'occasion de signaler qu'il n'y a pas de 'bon' lieu ni de 'mauvais' lieu en
soi. Selon l'endroit, le moment, et bien sûr la personne, se créent
des synergies ou des antagonismes qui peuvent être vécus comme
plaisants ou déplaisants, qui provoquent des remontées
douloureuses du passé ou facilitent l'actualisation des rêves, qui
sont favorables au repli sur soi ou au contraire à l'activité
Le problème n'est pas de rechercher les uns et de fuir les autres, mais
de faire en sorte que tout soit accordé à ce que l'on a à
vivre à ce moment précis. Une implantation dans un certain lieu,
de même que l'association avec certaines personnes, peut être éminemment
favorable, puis conduire à une stagnation, signe que l'expérience,
sous cette forme, est achevée et qu'il est temps de passer à autre
chose
D'où l'importance aussi de la mobilité. On ne
construit pas pour 100 ans ou pour 1000 ans ; on construit pour vivre une expérience,
et quand elle est achevée, le bâtiment doit s'effacer sans laisser
de traces apparentes (mais il peut rester quantité de traces invisibles
et de grande importance, comme dans la qualité des relations établies
avec les animaux et les végétaux).
Deuxième série de paramètres à prendre en
compte, ceux qui caractérisent le corps physique de la Terre. Ils peuvent
être considérés comme fixes par rapport à la durée
de vie d'un cocon. Il s'agit principalement :
1. de la verticale ;
2.
de l'axe de rotation de la Terre (d'où découle le nord géographique,
et qui renferme aussi l'information sur la latitude du lieu) ;
3. du magnétisme
(pas seulement le nord magnétique qui correspond à la déclinaison,
mais aussi l'inclinaison).
Le reste me semble
accessoire (7).
Enfin, il y a les paramètres extra-terrestres, tous variables, à
cause notamment de la rotation de la Terre qui ne permet de les définir
qu'à une date et une heure précises. Les principaux susceptibles
de jouer un rôle sont, par ordre d'importance décroissante :
1.
les mouvements du Soleil (alternance jour-nuit et cycle annuel des saisons) ;
2.
les mouvements de la Lune ;
3. les mouvements des planètes ;
4.
la direction du centre de la galaxie (dans la constellation du Sagittaire) ;
5.
la direction vers laquelle se dirige le système solaire dans son voyage
autour de la galaxie (étoile Véga).
Comment prendre en compte ces paramètre variables ?
Traditionnellement, on procède à une dédicace, c'est-à-dire
que l'on cale certains paramètres du bâtiment sur les paramètres
variables tels qu'ils se présentent à un moment donné,
choisi pour des raison plus ou moins obscurs. Le problème est que cela
fige l'antenne qu'est la forme, ne la rendant pleinement active qu'à de
rares moments dans l'année.
Or c'est tout le contraire que l'on
recherche, de même qu'un arbre ne cesse pas d'être vivant et réceptif
aux influences cosmiques une fois passé le stade de la germination. En
permanence, il est sensible au jour et à la nuit, aux saisons, à
la Lune, etc. Et c'est pour cela qu'il n'a pas besoin de montre ni de calendrier
pour savoir quand fleurir ou quand laisser tomber ses feuilles.
Pour être
juste, il faut distinguer : ce que j'appellerai l'ontogenèse primordiale,
qui correspond en quelque sorte à la germination, ou à l'embryogenèse,
et l'ontogenèse continue qui est la réactivation continuelle de la
forme, de même que les êtres vivants se renouvellent en permanence.
Deux processus différents, et donc deux manières de les prendre en
compte.
Dans l'ontogenèse primordiale, c'est l'homme qui doit être
le récepteur des influences cosmiques. C'est dans l'acte même de
construction qu'il projette dans la matière ces forces qui vont
contribuer à modeler l'expression de la forme et la rendre unique. Ceci
permet de mieux comprendre pourquoi la participation active de chacun à
la construction de son cocon est capitale, même si cela n'exclut pas d'être
aidé.
En outre, lors de cet acte de genèse primordiale,
beaucoup de rêves et d'émotions sont projetés sur les êtres
vivants alentours. Il est donc cruciale que l'intention soit claire et qu'un
travail de collaboration et d'acceptation par le lieu ait été
effectué au préalable (les expériences en état de
conscience modifié, les rêves en particulier, peuvent jouer un
grand rôle dans le choix d'un lieu.).
Enfin, remarquons que des
graines identiques ne germent pas de la même façon selon le moment
où on les plante. Par conséquent, le moment où l'homme-chenille
active le processus de construction de son habitation-cocon n'est pas anodin.
Dans la phase ultérieure de la vie du cocon que j'appelle l'ontogenèse continue, le seul moyen d'avoir une 'antenne' en état de capter et d'émettre en permanence est de faire en sorte qu'il y ait dans la forme quelque chose de dynamique et qu'elle ne soit pas uniquement statique. Au stade d'évolution actuel, le bâtiment n'est pas comme un être vivant qui renouvelle ses cellules en permanence. Pour parvenir malgré une forme figée à donner une dynamique à l'ensemble, l'idée consiste à revenir aux vecteurs primordiaux de l'information, principalement l'eau puisqu'elle est d'une part la matière de vie par excellence, celle que l'homme a à révéler dans son corps par son passage à travers le cocon, et d'autre part qu'elle participe activement à la genèse des formes des êtres vivants (voir l'essai sur la morphogenèse ). Autrement dit, l'eau est un élément essentiel du cocon. Elle est le réceptacle des influences cosmiques, l'intermédiaire entre eaux intérieures (notre corps) et eaux extérieures (les eaux de la Terre et celle de tous les êtres vivants).
Pour une forme donnée, il y a toujours de multiples manières
de la réaliser. Une forme humaine peut apparaître aux yeux d'un
observateur dans un hologramme, dans un mannequin de plastique, ou dans un être
de chair et de sang
Une forme architecturale peut être réalisée
en bois, en pierre, en béton, ou encore être faite d'une simple
membrane tenue par la pression de l'air. L'important est que la manière
dont la forme s'incarne soit cohérente avec l'intention. Dans notre cas,
deux facteurs comptent particulièrement :
1. l'exigence de sensibilité,
d'où découle la légèreté, impose le recours à
des membranes souples (matériaux traditionnels, réclamant souvent
beaucoup de travail et pas toujours très performants : le coton, la
laine, le lin, le chanvre, le cuir, le feutre, la soie, etc. ; matériaux
modernes, très performants mais pas très écologiques : le
mylar, un film polyester aux usages multiples utilisé en particulier pour
les voiles de bateaux de course, le tissu de verre enduit de PVC ou de téflon,
utilisé dans les structures tendues, etc. ; matériaux du futur : à
inventer pour qu'ils combinent performances, facilité de fabrication, et
intégration dans la chaîne de la nature) ;
2. chez les êtres
vivants, qui je le rappelle s'édifient de l'intérieur et pas par
assemblage ou empilage de matériaux, on distingue d'une part des éléments
travaillant uniquement en traction (membrane des cellules, peau, tendons, etc.)
et des éléments travaillant exclusivement ou principalement en
compression (liquide, comme dans les cellules ou chez les invertébrés,
ou solides, comme les squelettes calciques ou siliceux, ou encore les fibres
ligneuses des végétaux).
Ce second point conduit à faire la distinction entre :
1. Les architectures où les éléments de
structure, qui assurent la tenue, sont distincts de la forme qu'ils soutiennent.
Par exemple le squelette des vertébrés soutient la chair qui,
elle, délimite la forme. La différence de forme, au simple sens de
l'espace occupé, est évidente entre un squelette seul et un corps
de chair et d'os. Ce principe constructif se retrouve en architecture dans les
tentes et les structures tendues (8) puisque les poteaux de
soutien sont généralement dissociés de la forme (l'exemple
le plus flagrant étant une tente avec mât central).
2. Les
architectures où les éléments de structure appartiennent à
la forme. Dans le monde vivant, citons les exosquelettes des crustacés ou
des insectes, et aussi les plantes (où par exemple les nervures qui
donnent à une feuille sa rigidité font partie intégrante de
la feuille). En architecture, citons le dôme géodésique.
3.
Enfin, il y a les architectures sans structures apparentes, où chaque éléments
est tout autant éléments de structure et élément de
forme. On trouve cela chez les invertébrés comme les méduses,
et, en architecture, dans les bâtiments gonflables.
Depuis quelques décennies, tous ces procédés
sont mis en uvre dans des projets architecturaux innovants, souvent de
prestiges : structures tendues, tensegrity (9), structures
pneumatiques, en distinguant les membranes simplement soutenues par l'air (comme
de dômes tenus par une légère surpression intérieure
de l'ordre de 2 g/cm²) et les structures gonflables proprement dites (à
l'image d'une bouée, d'un pneu ou d'un zodiac).
Tous ces procédés
ont fait leurs preuves. Il existe d'innombrables réalisations ainsi
qu'une abondante littérature. Je ne rentrerai donc pas dans les détails
(mais cela n'est pas exclu, selon le livre que cela deviendra).
L'essentiel à
retenir est que lorsque je parle d'architecture à membranes, il faut
cesser de penser 'tente', avec tout ce que cela évoque généralement,
comme le camping ou l'exotisme (tentes des nomades). On construit aujourd'hui
des aéroports, des salles de spectacles, des salles de sport, des entrepôts
avec ces procédés mettant en uvre des membranes. Certes,
tout ceci est encore trop grand, trop lourd, trop cher, et surtout ne correspond
pas du tout à nos intentions (comme la symbiose avec la nature). Mais
cela a le mérite de montrer d'une part que des procédés
architecturaux radicalement différents de ceux employés jusqu'ici
peuvent être conçus et mis en uvre, et d'autre part qu'il est
possible de nous rapprocher de ce que la nature elle-même fait. En outre,
cela participe à ce grand mouvement de dépassement de nos
croyances limitantes. En architecture, comme ailleurs, il ne doit y avoir
d'autre limite que notre imagination. Et si nous sommes suffisamment clairs dans
nos intentions, alors elles trouveront toujours le moyen de s'incarner dans la
matière, en respectant les lois du moment bien sûr, mais sans être
limitées par elles.
Cette forme où l'eau est omniprésente, tant à l'état liquide qu'à l'état de vapeur, est née paradoxalement du feu. Cela s'est passé en novembre 1997. Une fête d'anniversaire battait son plein. La soirée était bien avancée, et la musique trop forte avait poussé quelques personnes à sortir dans le jardin. Un tas de vieilles branches et de résidus de coupes complètement détrempé par des pluie récentes attendait d'être allumé. L'idée fut lancée, et après quelques tentatives, le feu prit. Il n'y avait pas de vent ; le ciel était dégagé. Le feu transforma en vapeur l'eau emmagasinée. Elle s'éleva de quelques mètres à peine, pour retomber mollement jusqu'au sol, dessinant comme un grand champignon. De l'intérieur, on apercevait les étoiles à travers le voile de vapeur, on sentait la terre sous nos pieds et la chaleur du feu. Bref, j'ai eu comme un avant-goût du cocon
La figure suivante donne une idée de cette forme, en coupe verticale selon un diamètre:

Pour des raisons de facilité, n'étant pas un as du dessin, j'ai fait une figure de révolution. Mais cela n'a évidemment rien d'obligatoire. Certains paramètres peuvent varier. En particulier l'axe central n'a pas nécessairement à être vertical, et l'emprise au sol peut décrire une autre figure que le cercle
Cette forme étant éminemment fluide, la réalisation la
plus cohérente est une structure gonflable. Je la vois donc faite d'une
membrane transparente mise sous pression. Notons bien que cette pression
s'applique à l'espace entre les deux membranes, et pas au volume
d'habitation. Dans ces conditions, il est évident que la membrane intérieure
ne peut tenir si elle n'est pas reliée à la membrane extérieure.
Le
plus judicieux me semble de les relier en des points qui, comme dans de nombreux
végétaux, s'ordonnent en spirales caractérisées par
deux nombres consécutifs de la suite de Fibonacci : cf. l'essai
vie des formes et formes de vie, §
la suite de Fibonacci.
Près du centre, ces points sont simplement
reliés, comme par un ruban de la même matière que la
membrane. Plus loin du centre, ces points deviennent de véritables
ouvertures, comme des pores ou des stomates, qu'il est facile de boucher et déboucher
avec des sortes de coussins gonflables. Enfin, au niveau du sol, des ouvertures
plus grandes servent au passage des gens, s'ouvrant et se fermant avec des
sortes de rideaux.
Je l'ai dit, l'eau joue un rôle capital dans cette structure. Elle est
présente à la fois dans un bassin central et sur tout le pourtour.
Cette eau remplit plusieurs fonctions, du plus physique au plus subtil :
-
par son poids, elle maintient la structure au sol, empêchant qu'elle ne
soit emportée par le vent ;
- par ses capacités thermiques,
elle régule le climat dans et autour du cocon ;
- à travers
la membrane souple et transparente, elle capte les vibrations électromagnétiques
(du Soleil, des planètes, des étoiles
) ainsi que les
vibrations acoustiques ;
- elle capte aussi des tas d'informations plus
subtiles qui sont de l'ordre de la pensée
Remarque : différents dispositifs peuvent servir à réguler
ce fonctionnement :
- système de brumisation d'eau, qui d'une part
permet d'absorber d'énormes quantités de chaleur en été,
et d'autre part interpose un voile de brume en cas de trop forte luminosité
;
- système faisant vibrer la membrane (ébranlements
impulsionnels ou continus, dans la bande audible ou non
) qui remplit une
fonction à la fois physique, faire tomber l'eau ou la neige accrochée
à la membrane, et une fonction de mise en résonance
-
on peut aussi imaginer un système fabricant de la mousse, qui viendrait
remplir l'espace intermembranaire afin de jouer le rôle d'isolant,
thermique, lumineux, et/ou sonore.
Tout ceci peut sembler un peu excessif. Toutefois, il est important de remarquer qu'il n'y a rien dans cette structure que la nature ne fasse déjà. Car au fond il ne s'agit que d'une membrane sous pression, associée à des dispositifs de circulation d'eau ! Comparativement aux deux autres formes que l'on va voir maintenant, c'est celle qui pourrait le plus facilement être co-créée avec Gaïa.
Cette fois il s'agit d'une surface engendrée par un jaillissement et une retombée au sol :

Je sais, ce n'est pas très beau vu ainsi, mais il faut essayer de percevoir le potentiel ! La figure suivante donne sans doute une meilleure idée de cette forme :

Contrairement à ce qu'il peut sembler à première vue,
cette forme est dans son essence très différente de la précédente.
En effet, la première est topologiquement équivalente à une
sphère, tandis que celle-ci est équivalente à un disque.
D'autre part, dans son ontogenèse, la première est la résultante
de tourbillons dans un fluide gazeux, tandis que la seconde est issue d'un
jaillissement liquide.
C'est pourquoi sa réalisation est cohérente
avec une structure tendue sur des nervures végétales. On peut
imaginer par exemple de faire pousser directement des bambous d'une espèce
appropriée sur le cercle intérieur (et surtout pas sur le cercle
extérieur, ce qui serait incohérent avec la dynamique de la forme,
qui est de jaillir du centre et de retomber vers l'extérieur). On les
courberait à mesure qu'ils pousseraient. Et lorsqu'ils auraient la bonne
longueur, on les retaillerait et on arrêterait leur croissance. Ensuite,
on recouvrirait l'ensemble d'une membrane, qui par sa tension, stabiliserait la
forme.
Dans ce cocon, l'eau est surtout présente sous forme liquide, dans un bassin-matelas (voir plus loin) au centre de la structure. Mais elle ne doit pas rester statique. C'est pourquoi il faut aussi qu'elle circule dans la membrane elle-même, dans des tuyaux s'enroulant de façon à la faire tourbillonner.
Le principal intérêt de cette forme réside dans la
partie centrale qui constitue un espace doté de propriétés
uniques car appartenant à la fois au dedans et au dehors. C'est un
endroit qui me semble idéal pour dormir, directement sous la voûte étoilée,
sur un matelas d'eau qui tout au long de la journée aura accumulé
la chaleur du Soleil.
Remarque : il est intéressant de prévoir
un dispositif qui s'ouvre et se ferme pour protéger cet espace en cas
d'intempéries.
Autre remarque : on ne meuble pas un tel cocon comme
on meuble une maison aujourd'hui ; là encore il y a bien des choses à
lâcher, comme le buffet de grand-mère ou le lit de noce de
papa-maman ! J'imagine très bien que des plantes poussent à même
le sol, qu'il y ait de l'eau qui court, avec, pourquoi pas, des poissons, voire
des cultures d'algues (comme la spiruline).
Cette forme dérive de la précédente, la différence venant de ce que le jaillissement, au lieu de se recourber vers l'extérieur, se courbe vers l'intérieur :

Désolé, je n'arrive pas à rendre par le dessin ce que j'ai dans la tête. A chacun d'imaginer, en attendant que je fasse mieux !
Notons la grande ouverture, comme un il, qui remplit plusieurs fonctions. Le jour, elle peut être fermée avec une membrane transparente pour créer à l'intérieur un effet de serre qui réchauffe le matelas d'eau. Cette même membrane sert à protéger de la pluie. En été, un léger voile suffit pour protéger du Soleil. Et la nuit, l'il peut rester ouvert pour être en contact direct avec les étoiles.
Ce cocon convient particulièrement pour une petite surface (disons 3
ou 4 m de diamètre au sol, soit une surface de 7 à 12 m²),
qui serait un lieu propice au repos, à la méditation, au sommeil, à
l'amour, une chambre quoi.
Son intérêt est qu'il est très
facile à construire avec des matériaux courants et bon marchés
: nervures en bambou ou en fibre de verre ou en PVC ; membrane en coton, lin,
chanvre, ou matériaux synthétiques
; protection de l'il
et réalisation du matelas d'eau avec des films polyester ou PVC
Ce
n'est pas forcément le méga-top de l'écologie, mais cela
peut suffire pour commencer. D'autant que d'éventuels effets indésirables
peuvent être compensés par la justesse de l'intention, et par le
fait aussi que de tels cocons ne sont pas posés sur du béton ou du
goudron, mais intimement associés au lieu, c'est-à-dire nourris et
protégés par le Minéral et le Végétal.
Ce catalogue de formes n'est évidemment pas exhaustif. Il ne faut pas
y voir non plus des modèles, dans la mesure où elles sont le fruit
de mes propres projections (en particulier j'ai toujours rêvé de
m'endormir en voyant les étoiles, tout en ayant un certain confort, car
tout le monde ne vit pas sous les tropiques !).
L'important pour moi est de
montrer qu'il est possible de concevoir et de bâtir une habitation qui
soit complètement cohérente avec l'intention. A partir de là,
les possibilités sont illimités. C'est un peu comme l'ascension
d'une montagne. Il y a d'abord beaucoup d'essais infructueux, et puis quelqu'un
réussi enfin à parvenir au sommet. A partir de là, presque
tout le monde y arrive, explorant sans cesse de nouveaux chemins. C'est ainsi
que je voudrais qu'il en soit pour l'architecture, comme pour tous les autres
sujets que je compte aborder : qu'on se mette en chemin non pas avec l'idée
que c'est impossible mais avec la croyance fermement enracinée que déjà
c'est possible, et qu'à partir de là on déploie au maximum
ses talents et sa créativité.
Dans toute entreprise, il y a un équilibre à trouver entre
action individuelle et action collective.
Le chemin proposé ici est
celui d'une métamorphose visant à nous défaire de notre
vieille peau d'homme durcie par la souffrance et à nous revêtir
de celle de l'HOMME. C'est donc un projet aux répercussions
globales sur tout ce qui existe maintenant, et qui atteint aussi les profondeurs
du passé et du futur. Le cur même de notre identité d'êtres
incarnés va être touché pour réaliser plus complètement
notre identité véritable.
Sur ce chemin pourtant, beaucoup est
à accomplir par chacun, dans l'intériorité où réside
liberté et créativité. C'est, on l'a vu, la raison d'être
de l'habitat-cocon, qui permet ce travail sur soi, tout en se reliant de l'intérieur
au collectif. Car il s'agit d'une uvre solidaire où les rêves
des uns enrichissent les rêves des autres, et où les actions de
chacun servent de révélateur à tous.
Fini le temps des
moines, au sens étymologique signifiant seul, qui se mortifiaient pour
l'amour de dieu (plus précisément pour une certaine conception de
l'amour d'un certain dieu !). Voici venu le temps où hommes et femmes
vont jouer ensemble à incarner le Jeu de la Création, déployant
au maximum leur conscience et leurs talents. Une vie collective est donc
irremplaçable, qui ne soit pas réduite évidemment à
des relations figées par des règles. D'autant que l'HOMME
ne s'incarnera pleinement que lorsqu'auront été transmutées
: les relations hommes-femmes, les relations parents-enfants, et les relations
de pouvoir, toutes porteuses aujourd'hui de trop de souffrances. Le cocon, ce
n'est donc pas seulement un endroit où l'on médite et où
l'on dort. Toute société dont les membres jouent ce jeu est en
elle-même un cocon pour l'espèce qui prépare son futur. Des
espaces appropriés sont indispensables pour que se déploie cette
vie collective. On y prend des décisions, on y fait la fête, on
bricole, on échange, on joue, on apprend, on tombe amoureux
Certains de ces espaces peuvent être au sein même de la nature, dans
une clairière, un cirque, un lac
D'autres, pour des raisons
d'accessibilité et de protection (vent, neige, pluie, soleil), doivent être
conçus par l'homme.
Ce qui est demandé à ce bâtiment est très différent
de ce qui est demandé à un cocon :
- accessibilité :
cela signifie d'abord une situation à un point de convergence des chemins
naturels de passage ; cela signifie aussi un sentiment d'ouverture de tous les côtés,
le contraire de la forteresse ou du cloître ; c'est un lieu d'accueil, qui
doit être le plus ouvert possible, même aux oiseaux et autres
animaux peuplant les environs (la question des rapports homme-animaux sera
examinée ailleurs) ;
- dimensions : il ne s'agit plus de couvrir
quelques dizaines de mètres carrés mais des centaines voire un
millier de mètres carrés ou plus ; ce lieu doit permettre des
grandes rencontres par tous les temps, sans toutefois donner l'impression de
gigantisme ou de vacuité (le contraire du hall d'aéroport), et
tout en ménageant de nombreux espaces plus intimes (sachant qu'il doit
pouvoir servir d'habitat temporaire pour les visiteurs de passage ainsi que pour
les personnes engagées dans la construction de leur cocon) ;
-
modularité : dans le Jeu de la Création, rien n'est jamais figé
; le lieu doit donc pouvoir croître et se modifier organiquement, de la même
manière qu'une forêt évolue lorsque les conditions changent
;
- adaptabilité : on ne vit pas de la même façon
lorsqu'il fait chaud, lorsqu'il fait froid, ou lorsqu'il pleut ; le bâtiment
doit facilement s'adapter à ces différentes circonstances ;
-
intégration dans la nature : un tel bâtiment doit être facile
à monter avec des matériaux locaux, facile à démonter
aussi sans que cela laisse des traces disgracieuses ; il fait également
partie du corps de la Terre.
Une réponse possible à ce 'cahier des charges' s'inspire des structures tendues de Frei Otto, comme cette volière :

Certes, c'est une réalisation gigantesque et lourde : elle couvre
plusieurs milliers de mètres carrés, les ancrages sont en béton,
les mâts et les câbles en acier
Mais l'idée est intéressante
et facile à transposer à échelle plus modeste, ce qui réduit
les contraintes physiques et permet l'emploi de matériaux naturels : mâts
en bambous ou taillés dans des troncs (comme les poteaux téléphoniques)
; lianes en guise de câbles, etc.
Remarquons qu'il ne faut surtout pas
accrocher les câbles et la membrane à des arbres, au risque de voir
tout s'envoler au premier coup de vent. Cela ne veut pas dire non plus qu'il
faille couper les arbres déjà présents sur le site. Bien au
contraire, avec un tel principe constructif, il est facile de leur ménager
l'espace dont ils ont besoin. Ainsi les arbres poussent au milieu même de
la structure, en une relation qui devient au fil du temps quasi symbiotique.
Plus
généralement, l'intégration avec le Végétal
doit être poussée au maximum :
- en préservant la végétation
existante ;
- en faisant pousser des plantes sous la structure, en
particulier des espèces trop sensibles pour résister aux
conditions climatiques locales (arbres fruitiers exotiques, plantes médicinales
et aromatiques, fleurs, légumes, etc.) ;
- en faisant pousser des
plantes sur la structure elle-même, sur le treillis de câbles qui
soutient la membrane.
De même, il est très facile d'intégrer
d'autres éléments importants du lieu : des petits monticules, des
rochers, des mares, des ruisseaux
Ainsi l'on passe sans heurt du dehors au
dedans et du dedans au dehors.
Pour l'heure je m'en tiendrai là et ne rentrerai pas plus avant dans
les détails techniques concernant la conception et la réalisation
de telles structures tendues. Il faut juste savoir d'une part que la technique
et au point, et d'autre part que ça n'a plus rien à voir avec les
procédés traditionnels, tels que charpentes, maçonnerie,
etc.
D'autant que l'important n'est pas la technique mais la qualité
des relations qu'un tel lieu va être à même de susciter. Les
enfants vont pouvoir s'amuser, courir, grimper aux murs, sans que les adultes
aient à crier " faites attention au parquet, faites attention aux
rideaux ", parce qu'il n'y a pas de parquet, pas de rideaux, rien d'autre
que la nature qui s'offre avec générosité comme espace de
jeu. Baignés de l'énergie bienfaisante des arbres, du chant des
oiseaux et de l'eau qui serpente, les gens seront naturellement portés à
s'écouter. Etres humains, plantes et animaux se redécouvriront...
Qu'il
soit clair cependant que le but de tout ça n'est pas de nous faire
retourner à un état de nature béat. Si l'homme
n'avait que cela à accomplir, alors les tribus primitives, qui réussiss(ai)ent
plutôt bien cette symbiose avec la nature, n'auraient pas disparu ou ne
seraient pas sur le point de disparaître complètement. La création
ne revient jamais en arrière. Il y a bien plus à réaliser,
et les relations avec la nature ne sont qu'un paramètre d'une évolution
multidimensionnelle.
Je souhaite terminer sur une question on ne peut plus pratique dans le but
de montrer qu'on ne peut rien laisser inchangé. Dès l'instant où
l'on adopte une nouvelle vision du monde, tout prend un sens différent,
et par conséquent tous nos actes sont à reconsidérer.
La
question est la suivante : quel traitement réserver à notre merde
?
Tout d'abord un petit panorama des principales méthodes employées
par l'homme.
Première méthode, faire comme les
animaux, c'est-à-dire là où l'on se trouve quand on a
envie. Quand peu de gens se répartissent sur de grands espaces, c'est
parfait. Pas d'installation particulière, aucune technologie, et pas de désagréments.
En revanche, dans le contexte d'une vie de groupe sédentaire ou
semi-nomade, cela devient vite intenable. Sachant que chacun de nous rejette près
de 500 kg de caca par an, on n'a pas fini de marcher dedans, sans compter que
tout ça va polluer l'eau et les cultures !
Dans la plupart des pays développés,
ces 500 kg passent par les égouts pour aboutir la plupart du temps dans
des rivières dont elles rendent l'eau impropre à la consommation.
C'est une aberration écologique totale. Vous prenez une rivière
propre ; vous versez dedans un peu de merde ; vous laissez les courants touiller
tout ça, et vous obtenez à la fin une eau inutilisable. Alors vous
construisez une station d'épuration et mettez en place un complexe réseau
d'adduction d'eau, sans parler des réglementations et des contrôle à
n'en plus finir, tout ça pour refaire de l'eau potable. Enfin vous faites
vos comptes, et vous concluez avec satisfaction que toutes ces activités économiques
ont créé de la richesse. Autrement dit, dans cette logique, on est
plus riche quand on a détruit un bien en libre disposition puis qu'on a
investi en argent et en travail pour revenir à la situation initiale.
Quel accomplissement !
Dans la nature, ce qui est déchet
pour l'un est nourriture pour l'autre (10). C'est ce qu'ont
compris les asiatiques, qui depuis des siècles, récupèrent
religieusement les déjections humaines et s'en servent pour nourrir leurs
champs, comme font les occidentaux avec le fumier. C'est ainsi qu'ils
parviennent depuis si longtemps à faire plusieurs récoltes par an
sans que la terre s'appauvrisse. Le problème est qu'en disposant cette
nourriture telle qu'elle sort des boyaux humains, ils contribuent au maintien
endémique, voire à la propagation, de maladies telles que le choléra,
la dysenterie, la typhoïde, sans parler des parasites en tous genres
Le
meilleur moyen de rendre ces bestioles inoffensives est de chauffer cette
nourriture. Et pour cela, pas besoin de four spécial. Il suffit de
laisser faire la nature, en l'aidant juste un peu. En rassemblant le caca avec
d'autres déchets organiques on peut faire un joli tas de compost, et les
micro-organismes qui décomposent la matière organique font monter
la température de par leur propre activité.
Notons au passage
qu'il y a deux types de décompositions de la matière organique :
la voie anaérobie et la voie aérobie. La décomposition anaérobie
se fait en l'absence d'oxygène. C'est ce qui se passe dans les marais,
dans les fosses septiques, ou dans des tas de compost trop compacts et
insuffisamment aérés. Ce genre de décomposition exhale des
relents putrides. Au contraire, la décomposition aérobie se caractérise
par son odeur d'humus. C'est ce qui a lieu dans un tas de compost bien fait. Au
bout d'un temps suffisant, les germes pathogènes sont naturellement détruits,
et l'on peut épandre le compost pour enrichir la terre, y compris dans un
jardin potager.
Il semble évident que les toilettes à compost sont la solution
la plus sensée. Comme toujours, le fond du problème est là,
dans le sens. Or il faut remarquer qu'il existe deux grands types de toilettes à
compost : les toilettes à chambre de compostage et les toilettes à
litière. Sans rentrer trop dans les détails (j'ai des plans, des
prix de revient, et tout et tout !), voici en gros le principe de fonctionnement
des premières : on part de toilettes ordinaires, et l'on dispose dessous
une chambre spéciale munie de toutes sortes de dispositifs qui récupèrent
le caca, font évaporer les liquides superflus, aèrent la chambre,
remuent le compost, le chauffe même si la température tombe trop
bas
Bref, c'est une véritable petite usine. L'avantage pour
l'utilisateur est qu'il n'y a rien de changé par rapport aux toilettes
occidentales modernes. Et pour celui qui s'en occupe, c'est juste quelque
manipulations tous les 6 mois voire tous les ans.
Les toilettes à
litière sont beaucoup plus simples mais demandent plus de manipulations.
En voici une version : vous prenez un seau que vous garnissez d'une litière
faite de déchets végétaux et de copeaux ; après
chaque utilisation, vous recouvrez vos selles d'une couche de litière ;
et quand le seau est plein, vous allez le vider sur le tas de compost qui, s'il
est bien fait, ne doit dégager aucune mauvaise odeur. Difficile de faire
aussi simple et aussi sain.
Le seul 'inconvénient' est qu'il faut s'occuper soi-même de sa merde. Mais ne serait-ce pas plutôt un avantage ? Car c'est un moyen infaillible de ne pas oublier les grands cycles de la nature, que nous sommes nous-mêmes la nature. Elle n'est pas notre 'environnement', comme si le corps de l'homme était séparé du corps de la Terre. Le corps de l'homme appartient au corps de la Terre, et l'homme et la Terre sont reliés en esprit. S'occuper de son caca, c'est comprendre qu'elle est nourriture pour d'autres êtres vivants, c'est vivre au quotidien cette appartenance à la Terre. S'occuper ainsi de sa nourriture-caca-nourriture, participe du travail que nous avons à faire de nous relier en conscience à Gaïa.
Une des leçons de cette histoire est qu'une technique n'est jamais en elle-même la réponse à un problème. L'important est toujours le sens qu'on donne aux choses. Si l'on voit dans la merde une nourriture pour d'autres créatures, et si l'on assume pleinement ce qu'on est dans ce monde, alors les toilettes à litières s'imposent d'elles-mêmes. Tandis que si l'on veut juste se donner bonne conscience sans toucher au fond de ses petites habitudes, alors une belle usine à compost est la solution. Il y en a pour tous les goûts ! Dans le cadre de la vision du monde prônée ici, il est évident que chacun doit, autant que faire se peut, s'occuper de sa merde, au propre comme au figuré !
<< | architecture | corps | alimentation | agriculture | relations | scénario pour le futur | aperçus du futur | >>
1. Une remarque en passant : rien ne dit que le réchauffement actuel de la planète ne soit pas un effet désirable dans une perspective globale et à long terme ; je ne l'affirme pas et ne cherche pas à minimiser la responsabilité de l'homme ; je veux juste suggérer qu'il y a peut-être des dimensions qui échappent à notre compréhension
2. Le mot 'colère' est dans une certaine mesure approprié car il renvoie à l'idée que c'est une charge émotionnelle qui éclate, dans ce cas une charge collective dont l'homme est partie prenante ; toutefois, il convient de ne pas l'entacher d'un jugement de valeur, considérant que c'est négatif ou mauvais ; il s'agit d'un réajustement.
3. Conséquence parmi d'autres : ils se conforment à une géométrie de type fractale et pas à la géométrie euclidienne ; cf. la facilité avec laquelle des petits programmes informatiques utilisant les principes de la géométrie fractale permettent d'engendrer des formes naturelles.
4. C'est pourquoi, même si ma démarche se rapproche par certains aspects de celle des cultures traditionnelles, comme par exemple l'intégration à la nature, elle s'en éloigne aussi sur un point capital, celui du sens. L'habitat traditionnel comme les huttes ou les tentes semble fondamentalement pragmatique, conçu et réalisé avec ce que permettent les matériaux locaux. Le sens n'apparaît plus qu'à travers la symbolique. Peut-être qu'à l'origine cela avait vraiment un sens. Mais il est indéniable qu'il s'est perdu en cours de route, la symbolisation n'étant qu'une rationalisation a posteriori.
5. Je rappelle que l'homme n'est pas sur Terre pour 'travailler', au sens où on l'entend habituellement. Au maximum, 4 heures d'activités par jour en moyenne doivent suffire à assurer les besoins vitaux, notamment l'alimentation (et cela va de la culture et du ramassage des produits jusqu'à la préparation des plats), les vêtements (si besoin est), l'habitat (construction et entretien)
6. Bien évidemment, ce n'est pas un hasard si la science développe aujourd'hui le projet de changer les espèces. C'est quelque chose qui est dans l'air du temps. Sauf qu'avec sa compréhension limitée de la vie, les dangers sont grands et les réussites improbables.
7. Je pense en particulier à tous ces réseaux
géométriques qui sont supposés quadrillés la Terre,
réseaux Hartmann et autres. Plusieurs choses me gênent. En premier
lieu leur nombre et surtout leurs caractéristiques très différentes
selon les personnes qui les découvrent. En plus, dans la tradition,
personne n'y a jamais fait allusion. Pourtant, la 'sensibilité' des
sourciers a fait ses preuves. La question est donc : ce qui est révélé
dans ces cas par la sensibilité appartient-il à la Terre ou à
celui qui observe ou à un mélange des deux ? Je pense à des
expériences de psychosociologie faites il y a quelques dizaines d'années
et qui montraient comment dans les groupes se créent des phénomènes
de convergence des perceptions, notamment visuelles et auditives. On peut sans
doute généraliser. Lorsqu'en plus on affaire à des
personnes très sensibles, comme en géobiologie, il n'est pas
aberrant de penser que cette convergence puisse se produire à un niveau
qui est au-delà des sens habituels (la parole et la vue notamment), par télépathie
dirai-je pour simplifier. En quelque sorte il y aurait création d'un égrégore
qui deviendrait perceptible aux personnes sensibles par psychométrie.
C'est en tout cas une hypothèse plausible pour expliquer cette multitude
de réseaux, qui par ailleurs n'apparaissent guère. J'ai vu des
champs de blé, des champs de maïs, de tournesol, de colza, de
betterave, des forêts de chênes, etc. Et bien, si ces réseaux
existent, leurs interactions avec les êtres vivants semblent vraiment très
faibles, car dans ces champs à perte de vue, on ne voit rien de tel,
sinon les traces des roues du tracteur.
Quant à appeler à la
rescousse pour valider l'hypothèse des réseaux des malades
subitement guéris parce qu'on a changé leur lit de place : d'une
part c'est trop mécaniste et réductionniste ; d'autre part, la guérison
peut tout autant s'expliquer par l'effet placebo.
8. Il existe une importante différence entre 'tentes traditionnelles' et 'structures tendues'. Dans les tentes telles qu'on les conçoit habituellement, la membrane est attachée à une ossature qui existe par elle-même, comme un squelette : cf. un tipi et les classiques tentes de camping. Tandis que dans une structure tendue, la tenue de la structure est indissociable de la mise en tension de la membrane : cf. les 'tentes' modernes de randonnée, dites 'igloo', constituées d'arceaux de fibre de verre qui mettent en tension la membrane.
9. Il n'existe pas à ma connaissance d'équivalent français de ce terme américain qui est la contraction de 'tensile' et de 'integrity' ; il s'agit d'une classe particulières de structures associant éléments en traction (câbles ou membranes), et éléments en compression (des tiges), qui sont intègres en cela que toutes les tensions sont absorbées par la structure elle-même sans que soient nécessaires des points d'ancrage.
10. Notons au passage l'importance du vocabulaire, qui reflète autant qu'il construit notre vision du monde. Dire nourriture au lieu de merde, dire cadavre au lieu de viande, cela témoigne d'un changement radical de notre rapport au monde.