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Avertissement
Ce
document a été rédigé en juillet 2000 en tant que
note préparatoire au livre destiné
à préciser mon projet de
laboratoire de création et d'expérimentation de futurs possibles.
C'est donc une note de travail qui montre le cheminement de ma recherche et qui
n'est évidemment pas aussi aboutie que le livre lui-même. Chemin
faisant, mes idées se sont notablement enrichies et précisées,
et je suis parvenu à les exposer de manière plus simple et plus
claire. Mais la vision qui sous-tend ma démarche et les idées
directrices majeures sont déjà présentes. Je vous livre
cela "brut de fonderie", avec toutes les imperfections d'un travail en
cours, en vous souhaitant d'y trouver de quoi nourrir vos rêves du
futur...
D'autre part, j'adopte la convention suivante :
- le
terme 'homme' en minuscules et italique désigne l'espèce
humaine actuelle ;
- le terme 'HOMME' en majuscules et italique désigne
l'homme métamorphosé ;
- les termes 'homme' et
'femme' en minuscules désignent respectivement les représentants mâles
et femelle de l'espèce humaine actuelle ;
- les termes 'HOMME' et
'FEMME' en majuscules désignent respectivement les représentants mâles
et femelle de la nouvelle espèce.
Tout ça n'est pas parfait,
mais ça a le mérite d'être assez simple et facile à
retenir. Il sera toujours temps de remplacer ces mots lorsque le besoin s'en
fera sentir...
Nous avons tous une conception 'naïve' des relations, dont témoigne
le langage courant :
- deux planètes sont 'reliées' par la
force de gravitation,
- un homme et une femme sont 'reliés' l'un à
l'autre, voire attachés, par des liens d'affection,
- un parent et
son enfant sont reliés par le sang,
- nous nous sentons 'reliés'
à d'autres lorsque nous partageons les mêmes idées,
-
etc.
Bref, la notion naïve de relation renvoie à l'idée
que des êtres ou des objets séparés ont tout de même
quelque chose en commun. Si je qualifie cette conception de 'naïve', c'est
en référence au 'réalisme naïf', qui consiste à
prendre comme tel le témoignage de nos sens lorsqu'ils dévoilent
l'existence d'une réalité extérieure indépendante.
Dans un autre cadre métaphysique, celui de nos pensées créent
le monde, les choses sont notablement différentes. Il n'y a plus
mille milliards d'esprits qui contemplent chacun à leur manière un
monde unique ; il y a un esprit unique qui se fragmente en mille milliards d'âmes,
chacune engendrant et expérimentant son monde, autant de facettes de
lui-même qui Le révèlent.
La relation fondamentale entre
une âme et le monde est donc un jeu de miroir. L'âme donne forme et
substance à ses croyances pour pouvoir les contempler 'comme' de l'extérieur,
et ce faisant se révèle à elle-même. C'est le sens
profond du processus de l'incarnation. Mais il lui est difficile d'exprimer
simultanément toutes les facettes d'elle-même. Lorsque nous nous
regardons dans un miroir, nous voyons bien notre visage, mais il nous faut faire
des contorsions, voire utiliser un second miroir, pour voir l'arrière de
notre crâne, qui est aussi une part de nous. De même, l'être
incarné s'est donné une certaine identité qui lui est immédiatement
apparente, mais il est plus que cela, et il est obligé de faire quelques
contorsions pour voir les autres facettes qui le constituent.
Ceci m'amène à deux réflexions importantes.
La
première est que nous sommes dans ce jeu de miroir avec tout ce que nous
percevons de la réalité physique, qui est en fait à un
autre niveau notre création. Et toutes les consciences avec lesquelles
nous interagissons, plus exactement avec lesquelles nous co-créons, sont
autant de miroirs dans le miroir qui nous révèlent nos autres
facettes. A l'heure actuelle, c'est avec les êtres humains que nous jouons
les jeux les plus intenses et les plus formateurs. Mais souvenez-vous que si
l'essentiel de mon propos va porter là-dessus, presque tout ce que je
vais dire est aussi valable avec d'autres consciences. Cf. par exemple ce qui a
été dit dans la note précédente concernant les
nouveaux jeux de co-création à jouer avec Gaïa.
La seconde réflexion concerne 'je'. J'ai toujours trouvé assez
confuses les définitions de l'ego, autant celles qui viennent de la
psychologie que celles proposées par le bouddhisme, où il est au
centre de la démarche. Notre métaphysique conduit à cette définition
qui me semble enfin acceptable : l'ego, ou je dirai aussi le soi avec un petit
's', c'est tout ce que 'je' sait que 'je' est, par opposition à l'alter
ego, ou je préfère dire l'ombre, qui est tout ce que 'je' est sûr
que 'je' n'est pas, et qui pourtant fait partie de son monde en cela que c'est
reconnu et suscite des réactions. Et le soi total, ou Soi avec un grand
'S', c'est l'ego plus l'ombre.
Cette façon de voir se démarque
du courant psychologique dominant qui rejette l'ombre dans l'inconscient. Pour
moi, elle n'est pas enfouie dans ces profondeurs puisqu'elle se manifeste
continuellement dans notre vie, souvent à travers des situations récurrentes.
Simplement, elle n'est pas reconnue par l'ego pour ce qu'elle est, une part de
Soi. Ce n'est donc pas tant une question de conscience qu'une question de
signification. Voilà pourquoi notre potentiel de conscience créatrice
inépuisable et éternelle ne saurait se déployer pleinement
et librement sans avoir au préalable reconnu tous les morceaux qui nous
constituent.
J'ajoute que cette finalité se démarque également
du bouddhisme, qui vise à l'annihilation de l'ego pour éteindre le
désir source de toutes souffrances. Tandis que je vise à
l'expression sans limites du pouvoir créateur, qui dans sa plénitude
est jouissive, orgasmique !
Force est d'admettre que 'je' n'aurait pas le sentiment d'être 'soi'
s'il ne reconnaissait pas son vécu comme étant le sien : 'je'
reconnaît ses pensées comme étant les siennes et pas celles
d'un autre, 'je' reconnaît ses sensations corporelles comme venant de
'son' corps, 'je' reconnaît ses émotions, etc.
Bien sûr
l'ego n'est pas figé. Comme tout, il est dans un continuel processus de
transformation. Il suffit de comparer notre 'je' d'aujourd'hui avec le 'je' d'il
y a quelques années pour se rendre compte que des changements sont
survenus. Mais ces changements parviennent avec peine à la conscience,
bloqués par l'ego lui-même dont une des raisons d'être est la
permanence comme je l'explique plus loin. En fait il
reconstruit sans cesse l'illusion de sa permanence, en particulier à
travers la réactivation du passé dans le présent (1).
Ce sentiment d'identité est aussi défini
en négatif (au sens photographique et sans jugement de valeur) : nous
avons le sentiment de devenir fou ou d'être possédés
lorsqu'un vécu étranger à ce à quoi nous sommes
habitués fait irruption dans notre vie. En fait, si nous sommes capables
de percevoir, d'éprouver, de ressentir cela, c'est que ça nous
appartient. Et si de tels vécus paraissent étrangers, c'est qu'ils
appartiennent à cette part d'ombre dont l'ego nie l'existence, ou plus précisément
que l'ego rejette au-dehors pour mieux se définir lui-même par
opposition à elle. Les relations avec les autres agissent alors comme un
miroir grossissant, non pas tant de l'ego que de son ombre. La reconnaissance de
cette ombre marque le début d'une expansion de soi qui ne vise qu'à
devenir ce qu'il est, Soi.
Avant d'aller plus loin, je voudrais souligner qu'un cheminement aussi compliqué pour un objectif aussi simple, devenir qui on est, a sa raison d'être dans le contexte de l'incarnation. Sans l'ego, la conscience ne pourrait maintenir son attention focalisée dans la réalité physique, en particulier dans le corps. Nous vivrions cette expérience comme nous vivons nos rêves, c'est-à-dire avec plein de bonds de rebonds et de discontinuités spatio-temporelles. Ce faisant nous passerions à côté de l'essentiel. Car si les âmes multidimensionnelles ont choisi de se créer un tel terrain de jeu spatio-temporellement cadré, c'est qu'il procure des expériences d'une valeur inestimable. En particulier, il est possible de décortiquer le processus de création de nos expériences, d'avoir des vécus distincts en tant qu'acteur, spectateur et auteur, pour reprendre le vocabulaire du Jeu de la Création (2). C'est une manière progressive de comprendre que nous sommes créateurs de notre réalité, avant de reprendre possession de notre plein pouvoir de création où acteur, spectateur et auteur cette fois ne sont plus qu'un. Mais le jeu a aussi ses pièges, notamment celui de rester englué dans la position d'acteur. D'où l'importance de déverrouiller l'ego pour l'amener à la découverte de Soi.
Il est très facile de reconnaître lorsque notre ombre pointe le
bout de son nez : elle est en général dans tout ce que nous
rejetons, refusons, nions, haïssons,
, bref, dans tout ce que 'je'
est sûr de ne pas être et qui pourtant se présente à
lui avec insistance et lui cause de l'inconfort.
Cas typique : des attitudes
et des comportements habituels, comme par exemple certaines petites manies, que
nous refusons de voir bien qu'ils envahissent notre existence et soient
apparents aux yeux de tous au point qu'ils ne se privent pas de nous les faire
remarquer. C'est la fameuse histoire de la paille et de la poutre
Autre
cas typique : les reproches que l'on adresse aux autres. C'est un jeu auquel
nous sommes tous habitués et dans lequel nous excellons. Les reproches
sont généralement teintés d'émotions, comme la colère,
et c'est ce qui les rend inconfortables. Ces reproches et cette colère
sont l'expression de l'ego, qui affirme à propos de cette part d'ombre : "
tu n'es pas moi, je ne t'aime pas ". Et bien sûr, comme cette part
d'ombre n'est pas reconnue, tout est projeté au-dehors sur la personne
dont on juge l'attitude critiquable. Mais cette expérience est la nôtre
et n'est celle de nul autre. Ce que révèlent ces reproches, c'est
en fait notre refus de voir que nous sommes pareils, que nous pouvons et avons
agi de même !
Tous les jugements que nous portons sont une manière
pour l'ego de créer une séparation grâce à laquelle
il se définit. Il est difficile d'accepter que nous sommes ce que nous
jugeons indignes d'être. Et pourtant, si nous sommes capables de reconnaître
ce que 'je' n'est pas, c'est que, d'une manière ou d'une autre, 'je'
l'est ! Et si c'est aussi difficile à admettre, c'est que l'ego refuse ce
qui porte atteinte à son intégrité. D'où l'intérêt
selon moi des expériences en état de conscience modifié qui
nous familiarisent avec l'idée que nous sommes plus que ce que nous
croyons.
Attention tout de même à ne pas retourner l'arme du jugement
contre soi. Reconnaître que nous sommes aussi ce que nous jugeons indigne
n'a pas pour but de déboucher sur l'auto-flagellation ni la haine de soi.
Il s'agit, avec compréhension et compassion, de voir cela pour ce que
c'est, une étape nécessaire sur le chemin de notre accomplissement
: " le mal n'est que bien en attente ".
Lorsqu'on s'est réapproprié
ce qu'on rejetait sur les autres, il faut s'en distancier à nouveau, mais
non plus en le rejetant, en l'intégrant dans le processus global d'évolution
de notre âme. Ainsi libérés de nos colères, de nos
haines, de nos jugements à l'égard de nous-mêmes, nous
n'avons plus besoin de les projeter sur les autres.
Passons maintenant à une situation plus subtile. Renversons les rôles
et supposons qu'une autre personne nous reproche un comportement. Supposons en
plus que nous n'ayons eu aucune intention de la blesser. Nous voilà
troublés par cette réaction excessive. Nous pouvons considérer
que c'est son problème et pas le nôtre. Encore une manière
pour l'ego de maintenir la distance entre soi et Soi. Car le fait est que si
nous sommes plongés dans cette situation où nous avons à
subir les reproches de quelqu'un sans raison apparente, c'est qu'elle a quelque
chose à nous révéler. Voici donc que quelqu'un peut se
sentir blessé alors que le plus sincèrement du monde nous n'avons
pas eu cette intention, et même que nous avons fait ce que nous devions.
Cela signifie en fait : 'je' peux se sentir blessé par quelqu'un même
si ce quelqu'un n'avait aucune intention de le blesser.
Conclusion : c'est
nous-mêmes qui créons nos souffrances ! C'est difficile à
admettre pour l'ego parce que son existence repose en partie sur son impuissance
à subir ce qu'il n'aime pas. Il est la victime qui existe grâce aux
souffrances que lui procurent les autres, et qu'il blâme pour cela. Et le
processus s'auto-entretient, ce qui garantit la persistance de l'ego ! Au bout
du compte, tout ce chemin conduit à se réappropriéer son
pouvoir créateur. Nous voici devenus ce que nous sommes, des consciences
créatrices, mais des consciences conscientes d'elles-mêmes et de
leur pouvoir.
Découvrir ce que 'je' est n'est pas une fin en soi. Ou plus précisément,
par sa nature même, ce 'je' ne s'accomplit que dans l'action. De même
que dire " je suis musicien " n'a de sens que dans l'acte de faire de
la musique, " je suis une conscience créatrice inépuisable et
éternelle " n'a de sens que dans le Jeu de la Création.
Nous
ne sommes pas sur Terre que pour vivre et revivre des situations inconfortables
dans le but de 'guérir' les traumatismes accumulés au fil des générations
par des egos se maintenant eux-mêmes dans l'ignorance. Nous sommes d'abord
et avant tout là pour vivre le Jeu de la Création, c'est-à-dire
utiliser les règles du jeu pour créer des expériences de
plus en plus riches, joyeuses, et jouissives. Le reste n'est que péripétie
qui sera tôt ou tard oublié. C'est cela que vise toute psychothérapie,
effacer notre incessante reconstruction du passé, plus précisément
d'un certain type de passé qui procure inconfort ou souffrance.
C'est une expérience créatrice qui s'en approche que nous
avons vécu Marie-Ange et moi à l'occasion du récent feu de
la saint Jean. Pour être franc, je n'ai jamais connu de projet qui s'est
incarné avec autant de facilité. De la conception de l'uvre à
sa disparition dans un nuage de fumée, tout s'est déroulé
sans le moindre problème, toutes les décisions se sont avérées
justes, toutes les actions ont abouti du premier coup. Sur plus de dix jours de
chantier, il n'y a eu que deux petites fausses notes : 1. deux poteaux ont du être
déplacés de 10 cm à cause d'une erreur de mesure de ma
part, soit 5 minutes de travail en plus ; 2. au premier coup d'il,
Martine, seule contre tous !, a jugé l'uvre 'égoïste',
craignant qu'elle se consume trop vite : la réalité lui a donné
tort.
L'harmonie ayant présidé à cette création
s'est répercuté sur tous les plans : de l'avis unanime des
participants l'uvre a été perçue comme des plus
harmonieuses, et la fête à laquelle elle a servi de point focal a été
une des plus harmonieuses de toutes les saint Jean célébrées
au Cas Rouge. Une petite anecdote que je trouve significative : lorsque les
musiciens ont entrepris de régler leurs instruments avant de faire le buf,
l'accord s'est fait quasi instantanément ; violon et guitare ont commencé
par s'accorder, et puis j'ai monté mon saxophone, et, sans avoir à
régler quoi que ce soit, nous étions accordés.
Cette
harmonie générale n'est qu'en partie le reflet de l'harmonie entre
les deux partenaires ayant uvré à cette création,
Marie-Ange et moi. Plus subtilement, elle est le reflet de l'harmonie que chacun
séparément avons su trouver entre notre part masculine et notre
part féminine. Dans un cas comme dans l'autre, ce point d'équilibre
n'a pas été atteint sans mal. Mais c'est une autre histoire
J'ai choisi cet exemple parce qu'il permet de soulever un autre point capital, à savoir que le Jeu de la Création n'est pas un jeu solitaire. Au moins dans la sphère terrestre, il ne peut être qu'un jeu de co-création avec d'autres consciences. On comprend l'importance d'une bonne communication, faute de quoi les malentendus engendrent des contradictions qui se révèlent dans la matière par toutes sortes de difficultés, de tensions, voire des effondrements et des éclatements.
Avant de rentrer dans le cur de ce qui constitue pour moi la
communication authentique, j'aimerais ajouter deux petites remarques. La première
est qu'on ne saurait être authentique avec autrui si au préalable
on ne l'est pas avec soi-même.
L'autre remarque est que la
communication elle-même est un processus dynamique de création, et
ne constitue pas un échange bien réglé d'énoncés
'clairs et distincts'. On peut être clair et ne pas se comprendre comme on
peut se comprendre sans employer les bons mots. Dans tous les cas c'est aussi un
jeu de miroir et un jeu de création.
Chez les êtres humains, la communication se fait à travers
trois canaux :
- le canal de perception intérieur, en d'autres
termes la communication directe d'esprit à esprit. Si nous avons si peu
conscience de tout ce qui passe par là (intuitions, télépathie
),
c'est que ces signaux sont brouillés d'une part par ceux en provenance du
dehors via les autres canaux et qui souvent les contredisent, d'autre part par
nos incessants bavardages intérieurs, ce qui nous amène au second
canal.
- la communication verbale, dont je crois
souhaitable de nous détacher. Intérieurement, on devrait parvenir
sans trop de peine à nous en passer en apprenant à manipuler
directement les 'pensées bulles', les eidos (3). Extérieurement,
cela prendra sans doute un peu plus de temps, jusqu'à ce qu'on retrouve
la maîtrise de la communication directe : " la voix n'est pas faite
pour parler, elle est faite pour chanter et soigner " disent les aborigènes
d'Australie.
- le troisième canal enfin est celui de la
communication non verbale, un vaste fourre-tout d'attitudes physiques, de
mimiques, de gestes, de phéromones, etc., qui trahissent sans qu'on y
puisse grand chose nos états intérieurs, nos émotions
,
et révèlent notre alignement autant que nos contradictions.
Il est facile de comprendre que la communication devient authentique dès
l'instant où il y a cohérence totale entre ce qui passe dans les
différents canaux. Ceci impose une honnêteté profonde. Cela
signifie que tout ce qu'on vit est l'expression de ce qu'on est, et pas une
image fantomatique, un reflet de reflet de reflet, bâtie sur des idées
fausses de nous-mêmes, sur 'ce que je crois que je suis' plutôt que
sur 'ce que je suis', sur des projections supposées de la part des
autres, ni sur nos attentes les concernant.
J'oppose cette honnêteté
à la pratique du secret, qui est une forme de tricherie. Car le secret
oblige à une communication contradictoire entre le canal intérieur
et le canal verbal, à quoi s'ajoutent de nouvelles contradictions venant
du canal non verbal en présence de sentiments tels que la culpabilité.
Un
corollaire important est que lorsqu'on est engagé avec son ou ses amis
et/ou partenaires dans ce type de relation authentique, il n'est plus possible
de justifier ses petites tricheries par des formules du genre : " c'est
vrai, je n'ai pas été authentique, mais c'était pour ne pas
le/la/les blesser, pour le/la/les protéger ". D'une part cette
attitude est le reflet de ses propres peurs d'être blessé par les
autres et doit donc inciter à un travail de nettoyage : voir plus haut le
jeu de miroir. D'autre part elle est manipulatrice et en cela ne respecte pas la
liberté d'autrui, ou, ce qui est à peu près la même
chose, elle ne témoigne pas d'un amour inconditionnel.
La liberté,
c'est laisser les autres être ce qu'ils sont. Si nous ne la leur accordons
pas, alors il n'y a pas de raison qu'eux nous l'accordent, et nous nous
retrouverons fatalement dans des situations où nous serons privés
de liberté. Nous devons admettre que tout le monde a la liberté de
bâtir son chemin, y compris de faire des erreurs, y compris d'être
heureux indépendamment de ceux qui se croient en charge de nous protéger
; nous avons à nous confronter à nos défis, nous sommes là
pour cela, à vivre nos émotions, et nous n'avons besoin de
personne pour nous servir de béquille ou nous anesthésier.
En
revanche c'est une marque d'amour d'exprimer à autrui en toute franchise
ce qu'on ressent à son propos, manière qu'il se regarde dans le
miroir que nous sommes pour lui, qu'il voit qui il est et ce qu'il est venu
faire sur cette planète. Cela demande d'aimer les autres pour ce qu'ils
sont, pas pour les rôles qu'ils tiennent ni pour ce qu'on voudrait qu'ils
soient. Car attention, c'est un simple jeu de miroir, pas une jeu de reproches
ni de la gourouterie !
Dépasser l'amour conditionnel, le " je
t'aime si
" est souvent douloureux. Au stade où nous en
sommes, cette peine est encore le moyen le plus sûr de ressentir les
limitations de l'amour conditionnel et d'être incité à les dépasser.
Autrement dit, les déchirements du cur sont les premiers pas sur le
chemin du dépassement de l'amour conditionnel vers la découverte
de l'amour inconditionnel, de soi-même et des autres.
Il est clair qu'une énorme distance sépare la communication
ordinaire de la communication authentique. Dans le premier cas, la peur fait bâtir
une armure pour protéger nos petits secrets. Résultats : nous nous
coupons de nous-mêmes dans la mesure où ce que nous exprimons
trahit qui nous sommes ; et nous nous coupons aussi des autres dans la mesure où
la communication devient moyen de manipulation.
Tandis que la communication
authentique nous ouvre à nous-mêmes et aux autres, et ouvre la
porte aux jeux de co-création, même si cela suppose de nous exposer
tels que nous sommes, y compris donc nos failles et nos faiblesses. D'un certain
point de vue, on ne saurait dire que l'une est supérieure à
l'autre. L'important à comprendre est que chacune reflète une
vision du monde différente. Le fond du problème est donc : "
qui suis-je et qu'est-ce que j'ai envie de vivre ".
En caricaturant à
peine, si l'on pense trouver son accomplissement dans l'accumulation de
richesses, dans la célébrité, dans l'action politique,
, alors l'on ne peut faire autrement que tricher. Si l'on pense trouver son
accomplissement dans l'expression de Soi, dans le jeu ce co-création avec
les autres, alors il n'y a pas d'autre choix que d'être authentique.
Un
problème est que ces deux modes de communication sont incompatibles. D'où
des situations potentiellement explosives lorsque deux personnes opérant
chacune selon l'un d'eux interagissent. L'honnêteté de l'une ne va
pas manquer de provoquer les réactions de l'autre, qui va immanquablement
se sentir blessée. La première quant à elle ne va pas
s'amuser longtemps à ces jeux souvent stériles qui pompent énormément
d'énergie. Il n'y a pas beaucoup d'issues possibles : ou bien la relation
éclate, ou bien la seconde personne évolue vers l'authenticité.
Il
faut se dire que si deux personnes se retrouvent de manière durable dans
ce genre de situation (un couple par exemple), c'est qu'elles ont quelque chose
à apprendre. C'est aussi que chacune a un pied dans le mode de
communication de l'autre, ce qui constitue un pont. Mais ce n'est pas une
croisade pour convertir l'autre, et si la situation s'enlise, il faut savoir
mettre fin à la relation.
Dans les relations entre les êtres humains, il y a trois domaines, distincts mais se recouvrant souvent, où des changements en profondeur sont requis parce que sources de profondes insatisfactions : les relations homme-femme, les relations parents-enfants, et les relations de pouvoir.
Les relations homme-femme ont tendance à se cristalliser sur le
couple. Sauf en de rares occasions, c'est une limitation de leur potentiel évolutif
que les êtres humains se sont imposés. Car ce qui est exigé
dans le couple moderne (je ne parle même pas de ses formes anciennes tant
elles sont limitantes), c'est que chaque partenaire soit de manière quasi
exclusive : amant, parent (au double sens de géniteur et d'éducateur),
confident, ami, psychologue, voire psychothérapeute, sans parler de la
participation aux tâches ménagères, aux finances, plus
toutes ces banalités qui tuent l'amour. Il semble que bien peu résistent
à une telle pression. C'est pourquoi, malgré les rêves d'éternité,
les couples finissent presque toujours par éclater, ou bien se
stabilisent sur des compromis réduisant les prétentions mais
brisant le rêve et n'apportant plus guère de satisfactions. Le
problème est que ces situations se répètent, et se répètent,
et se répètent encore parce que chacun continue de rêver à
ce couple parfait qui comble tous les manques, celui des contes de fée où
l'histoire s'arrête toujours au moment où, dans la vraie vie, les
problèmes commencent à apparaître.
Il y a peu de créativité
mise en uvre pour dépasser ces blocages. Sans doute à cause
de l'aveuglement et d'une certaine forme d'orgueil que connaissent tous les
amoureux dans leur bulle et qui les conduisent à penser : " c'est
vrai que presque toutes les histoires de couples tournent au désastre,
mais nous c'est pas pareil, on s'aime vraiment " ! Alors ce qui a déjà
été expérimenté des milliards de fois par l'humanité
se répète une fois de plus
Sans faire un panorama complet des effets pervers de la vie de couple à
travers l'histoire de l'humanité, je voudrais mettre le doigt sur
quelques unes des raisons d'être de la relation de couple et qui n'ont
pour moi plus lieu d'être.
Tout d'abord, le couple n'a plus pour
finalité de constituer un 'groupement économique', c'est-à-dire
une entité apte à survivre dans un environnement considéré
comme hostile, que ce soit l'environnement naturel, agricole ou industriel.
La
relation de couple n'a pas non plus pour finalité d'être une 'usine
à enfants'. Je rappelle cette sentence des dialogues avec l'ange : "
vous n'êtes pas sur la Terre pour faire de hommes mais pour faire l'HOMME ".
Cf. en particulier toutes les 'mauvaises raisons' qui font qu'un couple a des
enfants : laisser une descendance porteuse de son sang et de son nom, se
procurer une assurance pour ses vieux jours, prouver sa virilité / féminité,
avoir un jouet affectif, resserrer les liens dans une relation qui bat de
l'aile,
, sans parler de toutes les conceptions faites dans
l'inconscience la plus totale.
Je dis que ces raisons sont 'mauvaises' parce
qu'il est flagrant qu'au final ce sont les enfants qui trinquent, au point
qu'ils enclenchent le cercle vicieux de la répétition douloureuse
(cf. les enfants battus). Tous les psychologues, et les autres !, savent que la
plupart des problèmes des gens viennent de la famille en général
et de papa-maman en particulier. Ceci est à mettre en regard d'autres
modes de vie, comme celui des tobriandais, où papa et maman passent au
second plan derrière la famille élargie, et où de ce fait
sont absentes bon nombre de névroses que nous avons chez nous, notamment
celles liées à la sexualité. Ceci suggère, entre
autres, que les bons géniteurs ne sont pas forcément de bons éducateurs
S'il
y a encore un sens aujourd'hui à naître dans un tel contexte
restreint, voire dans celui encore plus étriqué de la famille
monoparentale, c'est pour que, en se construisant en miroir des parents (par
identification ou par réaction), quelque chose de la lignée
ancestrale puisse être transmuté (soit par l'enfant, soit par les
parents). C'est une étape encore nécessaire aujourd'hui mais à
dépasser tôt ou tard.
La liste des 'mauvaises' raisons qui conduisent un homme et une femme à
se mettre en couple est encore longue :
- combler des peurs réciproques
: peur de la solitude, peur des autres, de la vieillesse, de la vacuité
de l'existence, besoin de sécurité, etc. ;
- avoir des
relations sexuelles 'bon marché' dans un cadre socialement acceptable ;
-
plus généralement se conformer à la norme sociale ;
-
etc.
Le tableau que j'esquisse n'est pas très idyllique ! Certes il y a tout de même de très belles histoires de couples, des histoires d'amour qui durent et où chaque partenaire s'épanouit pleinement. Mais force est de constater que presque tous les hommes et femmes que l'on rencontre ne sont pas satisfaits de leurs relations avec leurs partenaires de l'autre sexe. Le temps passant et les déceptions s'accumulant, ils en viennent ou bien à se réfugier dans l'imaginaire, rêvant d'un partenaire idéal conforme à un 'cahier des charges' irréaliste (qui par exemple comblerait simultanément le besoin de sécurité et le besoin d'aventure), ou bien à accepter des compromis insatisfaisants. Mais je vois peu d'efforts de faits pour explorer en toute conscience de nouvelles directions, avec liberté et créativité. Il y en a tout de même quelques unes, et c'est encourageant.
Avant d'entreprendre à notre tour cette exploration, je tiens à dire que le but de mon propos n'est pas de jeter purement et simplement la relation de couple à la poubelle pour inciter à vivre n'importe quoi d'autre ! Il est d'abord de faire prendre conscience que ce sont nos croyances qui nous conduisent à vivre certains types d'expériences. Et si ce qu'on vit est insatisfaisant, alors il est évident qu'il ne suffit pas de changer de partenaire ! Il faut descendre bien plus profond au cur des croyances. C'est pourquoi pour moi, avant une 'physique' des relations homme-femme, il faut s'attacher à en comprendre la 'métaphysique'.
Homme et femme, chaque sexe perçoit l'autre comme un étranger. C'est comme deux espèces qui cohabiteraient sur la même planète, mais chacune ayant son propre territoire et s'efforçant d'éviter l'autre. On le voit bien dans la ségrégation spatiale et fonctionnelle qui a cours dans la plupart des sociétés traditionnelles. N'étaient les pulsions sexuelles qui forcent de temps en temps les personnes des deux groupes à se rapprocher, chacun pourrait vivre en total isolement (cf. d'ailleurs la vie militaire). Et quand rencontre il y a, elle dépasse rarement ce niveau sexuel, même si le couple dure : l'homme jouit et mène sa vie ailleurs ; la femme couve son enfant et prépare son nid. Parfois quand même l'amour magnifie la rencontre. Mais cela se traduit rarement par une compréhension de l'autre, au mieux par une acceptation de la différence, avec presque toujours affleurant le désir de changer l'autre.
Ceci m'amène à la question de fond :
- considérant
que nous sommes des êtres spirituels venus sur Terre vivre une expérience
humaine,
- considérant que ce terrain de jeu, y compris nos corps, y
compris donc le dimorphisme sexuel, est notre co-création,
- alors
c'est que cette différence entre les hommes et les femmes a une raison d'être.
-
Quelle est-elle ?
Avant de donner mon point de vue sur cette question, je tiens à
remarquer encore ceci :
C'est de la métaphysique de bazar que l'on
fait lorsqu'on déduit un principe universel de polarisation masculin/féminin
du constat de notre différenciation sexuelle. D'une part c'est raisonner à
l'envers, car c'est cette différenciation qui doit se déduire de
principes métaphysiques et non l'inverse. D'autre part c'est omettre
cette observation essentielle que la plupart des êtres vivants que l'on
connaît sont asexués. La différenciation sexuelle est donc
un trait que je qualifierai de 'local' en cela qu'il ne concerne que certaines
entités de cet univers et pas toutes. Attention donc aux dérives
simplistes du genre : la Terre déesse mère, ou le Soleil dieu père.
Par
ailleurs il convient de noter que les âmes multidimensionnelles dont nous
sommes l'émanation n'ont pas choisi de s'incarner sur Terre sous deux espèces
différentes mais sous deux genres de la même espèce, le féminin
et le masculin. Même s'ils se ressentent comme étrangers, mâles
et femelles constituent deux pôles de la même espèce. C'est
donc que les conditions d'un jeu à deux sont posées dès le
départ. La rencontre homme-femme est un aspect majeur de l'expérience
terrestre. Pour un certain nombre de raisons, cette rencontre n'a pas encore
vraiment eu lieu. Mais elle se prépare
Revenons à la question de fond, et efforçons-nous de descendre
le plus au fond possible.
Imaginons Tout-ce-qui-est. Cela gît dans son
infinie torpeur. Cela est Tout, et est comblé par le sentiment de sa plénitude.
Mais n'avoir que le sentiment d'être Tout sans voir le détail de ce
que Tout est, cela devient ennuyeux ; et avoir le sentiment d'être Tout
fait naître fatalement le sentiment de la solitude absolue. Alors pour
sortir de cette souffrance, Tout-ce-qui-est a imaginé le Jeu de la Création.
Cela s'est fragmenté en mille milliards d'âmes, qui ont ouvert
au-dedans d'elles un espace appelé 'dehors' où elles peuvent se
contempler. Ainsi en se séparant, Tout-ce-qui-est a pris conscience de ce
qu'il est. Dans chaque facette, il révèle son imagination débordante
de créateur, et cela procure une jouissance incomparable. Chaque facette
révèle certes Cela, mais donne aussi naissance à un
sentiment d'incomplétude. Alors Cela aspire à nouveau à être
complet
Ainsi naît la grande danse weidique union-séparation-union-séparation-union-séparation
,
mouvement perpétuel à deux temps, chaque temps apportant à
la fois satisfaction et souffrance.
Chaque âme, émanation de
Tout-ce-qui-est, est faite pour danser cette danse. Mais elle ressent aussi ces
souffrances primordiales dont toutes les autres sont des déclinaisons :
souffrance de l'immobilité et de la dissolution d'une part, et souffrance
de la séparation et de l'incomplétude d'autre part. Le but du jeu
devient de les transmuter pour que dans la complétude il n'y ait plus que
la joie de la complétude, et dans la séparation la joie de la séparation.
A
travers les hommes et les femmes en lesquelles elles s'incarnent, les âmes
multidimensionnelles rejouent sur Terre ce drame cosmique. Ainsi dans le jeu
terrestre entre l'homme et la femme, il y a le désir d'union pour combler
le sentiment d'incomplétude. C'est alors qu'au cur
de l'union apparaît le désir de séparation pour échapper
à l'ennui de cette union dissolvante et à la solitude du Tout.
L'erreur est de vouloir s'immobiliser dans l'une ou l'autre posture (4). Car l'univers est dynamique. Chacun est à la fois un
'je' séparé et un 'nous' qui est tout. Donc ne nous accrochons ni à
l'unité ni à la séparation.
Lorsque nous sommes séparés,
apprenons à jouir de cette séparation dans l'instant, sans
craindre que ce bonheur va fatalement s'achever, sans éprouver la
souffrance de n'être plus complet : " je suis moi, tu es toi, il est
lui : quelle merveille de se contempler ainsi l'un l'autre ".
Et quand
nous sommes réunis, apprenons aussi à en jouir dans l'instant,
sans en éprouver d'ennui car l'on sait que le principe moteur nous ramènera
inexorablement vers la séparation, sans éprouver non plus la
crainte que ce sentiment de plénitude va prendre fin, car de toute façon
il va prendre fin et dans la séparation nous trouverons d'autres joies : "
je suis toi, tu es moi, je-nous est l'oiseau et le vent et les étoiles :
quel accomplissement ".
C'est cela apprendre à jouer le grand
Jeu de la Création à deux qui est un : dans l'union il y a
aspiration à la séparation, et dans la séparation il y a
aspiration à l'union, mais vivre le bonheur de chaque temps.
Il me semble utile de préciser que jusque là il n'est pas
question de sexualité. Celle-ci n'est qu'un instrument que nous avons à
notre disposition pour nous souvenir de notre incomplétude lorsque nous
vivons la séparation, parce que l'incarnation est justement un aspect très
fort de l'expérience de la séparation. Seulement, de la manière
dont la plupart des êtres humains la pratique, il est difficile de réaliser
et de transmuter le drame cosmique. Même dans l'orgasme, il y a souvent un
sentiment d'insatisfaction, à cause de tas de choses dont chacun peut se
faire une idée
C'est qu'il convient de
distinguer selon moi la 'décharge nerveuse sexuelle', qui est très
animale et procure un plaisir du même genre que vider sa vessie
lorsqu'elle est pleine, quoique tout de même plus intense, de l'orgasme
proprement dit qui dépasse le corps et donc la sexualité (5). Mais c'est encore par la sexualité, à
condition de la vivre comme il convient, que l'on peut le plus facilement
l'atteindre. Les tantristes en savent quelque chose : cf. le tantra
d'André van Lysebeth (Flammarion).
Il y a tout
de même un point sur lequel ils n'insistent pas suffisamment. C'est que la
rencontre qui se déroule au-dehors entre l'homme et la femme reproduit la
rencontre qui s'est faite au-dedans de chaque partenaire entre sa part féminine
et sa part masculine (6). Tandis que le tantrisme se
concentre plutôt sur la polarité féminine, comme l'indique
clairement le sous-titre du livre de van Lysebeth : le culte de la féminité.
Je rappelle en effet que tout au fond, nous ne sommes ni homme ni femme.
Cela va donc bien plus loin qu'accepter l'autre sexe dans sa différence.
Cela veut dire accepter que les traits que manifeste l'autre sexe sont aussi en
nous, les accepter au point de les manifester à notre tour au même
titre que les traits propres à notre sexe.
Ce chemin vers la complétude
est un chemin initiatique qui s'accomplit nécessairement en allant à
la rencontre des autres qui portent les polarités complémentaires
pour les éveiller en nous. Ces partenaires peuvent ou non avoir
conscience du rôle qu'ils jouent. Mais en tout cas, les Noces Cosmiques ne
peuvent s'accomplir qu'entre des êtres pleinement conscients et complets.
On rentre là dans des jeux magiques d'une puissance insoupçonnée.
Je pense que c'est le meilleur contexte pour vivre la transformation de l'homme
en HOMME.
Toute cette histoire ne doit pas être prise comme une vérité
intangible. C'est juste un nouveau mythe, au même titre que la
Weid, dont l'intérêt
tient à sa cohérence, à sa capacité à nous
inspirer, et surtout à ce qu'il permet d'accomplir. Je suis persuadé
qu'il est apte à réconcilier les hommes et les femmes, à
leur permettre de vivre des expériences plus enrichissantes et
satisfaisantes. Et quand il aura été épuisé, ce qui
ne manquera pas d'arriver, on saura en inventer d'autres
Mais nous n'en
sommes pas encore là !
Pour résumer le nouveau mythe du moment
:
- le mouvement incessant d'attraction-répulsion qui s'exerce entre
les hommes et les femmes est censé être un rappel du jeu cosmique
d'union-séparation ;
- mais pour qu'il joue ce rôle, il faut
que deux êtres séparés par le processus de l'incarnation
parviennent à l'expérience du " je suis toi, tu es moi "
;
- la relation amoureuse et l'orgasme procuré par l'union sexuelle
en donnent des aperçus fugitifs ;
Il me semble
important de préciser qu'il ne s'agit pas tant d'être 'Tout' que d'éprouver
le sentiment de complétude, qui est le même quelles que soient les
circonstances qui l'engendrent (7), de même que toutes
les souffrances sont la même souffrances et que toutes les joies sont la même
joie.
- cependant, l'expérience gagne en
richesse, en intensité, et en profondeur (le Tout s'agrandit et se précise
!) lorsqu'elle résulte de la fusion de deux êtres ayant rééquilibré
en eux leur pôle féminin et leur pôle masculin (8).
Remarquons que cette expérience n'est rien d'autre que ce qu'on
appelle communément l'expérience mystique. Sauf que la plupart des
voies se sont construites sur le rejet de la sexualité et sur l'ascèse.
Dans ce rejet même il y a l'indication en négatif de l'importance
de la rencontre homme-femme. Là comme ailleurs, on voit à l'uvre
le mécanisme psychologique démonté dans la première
partie de cette note : les êtres humains refusent de voir ce qui leur crève
les yeux et construisent tout pas opposition à ce qu'ils prétendent
ne pas voir, ce qui le rend omniprésent ! De là les limites de ces
voies : un refus de voir la dynamique motrice de l'univers et une satisfaction
dans l'immobilité d'une part ; d'autre part une forme de désincarnation
du fait que le sentiment d'être Tout (ou ce qui revient au même d'être
Rien, car ce ne sont que des jeux de mots plaqués sur des expériences
ineffables) devient envahissant au point de dissoudre le besoin de séparation.
Certes,
l'aspect positif est que les personnes qui parviennent à cet état
semblent parfaitement heureuses. Si je trouve donc une limite à ces expériences,
ce n'est pas pour minimiser cet accomplissement, c'est pour souligner l'illusion
de cette immobilité puisque tous finissent par mourir et entrent de ce
fait dans de nouvelles expériences ! En d'autres termes, il ne s'agit pas
tant d'une rupture de la dynamique union-séparation que d'une union qui,
en temps terrestre, dure plus longtemps que d'habitude.
Conclusion : comme
le refus est toujours un acte de séparation, toutes ces voies sont irrémédiablement
faussées dès le départ. La véritable mystique passe
obligatoirement par la rencontre sur tous les plans de l'homme et de la femme.
C'est celle qui est à construire.
Je rappelle que seul le tantrisme a
perçu la dimension mystique de l'union sexuelle. Mais la 'voie de gauche'
a elle aussi ses limites : par ses rituels complexes et stricts, elle entrave l'écoulement
spontané du flux de la vie, qui est tout de liberté et de créativité
; d'autre part, elle passe à côté de 'l'union psychique',
qui me semble un complément indispensable à l'union physique et à
l'union spirituelle. Car c'est par elle que s'ouvre la porte du cur.
Tandis que dans le rituel tantrique (tel que j'en ai connaissance par le livre
de van Lysebeth plus quelques autres lectures dont j'ai oublié les références),
l'amour est plus vécu symboliquement par l'identification de l'homme à
Shiva et de la femme à Shatki, que réellement, d'autant que les
deux partenaires ne se connaissent pas forcément et ont été
réunis par le gourou. L'amour et l'affection restent au second plan.
C'est peut-être pourquoi on rencontre si peu de couples accomplis malgré
l'attrait de plus en plus fort pour cette voie.
Qu'est-ce qui caractérise le mieux aujourd'hui la masculinité
de l'homme et la féminité de la femme ?
Il me semble
caricatural de ramener l'une à un pénis brandi telle une arme, et
l'autre à un ventre porteur de vie. Ce n'est pas que c'est faux. Ce n'est
en fait ni vrai ni faux. Ce ne sont que des croyances sur lesquelles se sont bâties
les relations hommes-femmes depuis des millénaires, avec les résultats
que l'on sait. On a besoin aujourd'hui d'autres croyances, qui déclenchent
des expériences d'un autre type allant dans le sens de tout ce qui vient
d'être dit.
Voici donc ce qui me semble important :
féminité
= contact direct avec le vécu intérieur
masculinité =
capacité à matérialiser ses visions
Plus que l'homme, la femme a un contact naturel et immédiat avec son
vécu intérieur, notamment ses émotions et son corps. Cela
lui permet, entre autres :
- d'être une fée innée qui a
le savoir-faire pour communiquer avec les différents règnes et
pour se projeter au-dehors plus par l'intention que par l'action, avec toute la
force de ses émotions ;
- de comprendre immédiatement ce que
vivent les autres, parce qu'elle le ressent en elle-même.
Ces qualités ont leur contrepartie :
- elle est une
manipulatrice née ! Chacun sait les dégâts qu'elle est
capable de causer dans les relations entre les gens simplement avec sa langue !
- elle est tellement proche de ses émotions qu'elle
s'identifie très facilement à elles. Cela lui rend difficile la tâche
d'en percevoir l'origine. D'où deux conséquences. D'une part la déesse-fée
se transforme facilement en sorcière-furie (9).
D'autre part elle est prise d'un incessant bavardage, d'abord destiné à
elle-même, pour réactiver les émotions auxquelles elle
s'identifie. Ce faisant, elle recrée sans cesse le passé, ce qui
rend difficile le passage à l'acte de création (10).
De plus, cela entrave sa communication avec elle-même, avec son être
profond.
- si la femme sent intuitivement que 'tout est lié', c'est
souvent tellement global qu'elle n'arrive pas à différencier
l'objet extérieur qui suscite une perception de l'émotion éprouvée,
à s'abstraire d'une situation, s'observer. Ainsi la confusion s'installe
facilement entre ses fantasmes et le monde.
L'homme, lui, n'a pas un vécu aussi immédiat de son univers
intérieur, ce qui explique, entre autres, toutes les horreurs dont il est
capable dans le monde puisqu'il est coupé de son ressenti. C'est pour lui
tout un apprentissage de découvrir et d'explorer cette dimension. Cela
passe le plus souvent par des femmes qui jouent le rôle d'initiatrices,
qu'elles en soient conscientes ou pas.
Lorsqu'il entre en contact avec cet
univers, il est tellement déstabilisé que ou bien il se bloque
totalement et se façonne une armure, ou bien il s'épanche avec un
excès à la limite de l'indécence. Ce matériau est en
tout cas la source de la plupart des uvres d'art, qui sont autant de cris
lancés à la face de l'univers. Et lorsqu'il pénètre à
son tour dans l'univers de la magie, il le fait fort de son expérience et
de sa compréhension de la réalité physique, ce qui lui
permet de devenir un chamane-magicien beaucoup plus efficace et maître de
lui-même.
Tandis que la femme (je rappelle que dans ce paragraphe, je désigne
par là l'incarnation de la féminité plus que le genre de la
personne) a une appréhension du monde innée par le temps, les
relations, les émotions, l'homme, lui, saisit l'espace, les objets, les
actions. Il est naturellement tourné vers le dehors, ce qui fait :
-
qu'il perçoit la dialectique dedans-dehors, ses uvres dehors reflétant
ses visions au-dedans ;
- qu'il sait se couler dans le flot de l'action,
prendre simplement son plaisir à cela, sans avoir besoin d'y ajouter des
commentaires.
Bref, il a la capacité innée de matérialiser
ses visions.
Ces qualités ont elles aussi leurs contreparties :
- les objets,
y compris les autres êtres vivants, sont naturellement perçus comme
séparés. Ils sont comme 'posés là', et semblent de
ce fait opposer une résistance à son action. D'où la dérive
consistant à agir avec la volonté, avec le risque de dégénérescence
en violence destructrice, et à ne pas percevoir le rôle beaucoup
plus fondamental de l'intention, et plus généralement de tout ce
qui se passe au-dedans.
- un autre danger vient de la difficulté
qu'il a à percevoir les relations. Il a de ce fait beaucoup de mal à
entrevoir les effets de ses actes. Il ne réalise pas que ce qu'il fait
ici et maintenant a des conséquences partout, comme une onde qui se
propage sur la surface de l'eau.
Ce que l'homme pousse à l'extrême, la séparation dedans-dehors, la femme le perçoit avec peine. Elle reste donc ignorante de la dynamique qui fait naître le second du premier, et donc du jeu de miroir par lequel le second révèle le premier. C'est pourquoi elle a besoin elle aussi d'un homme qui l'initie (11), qui l'aide à découvrir le lien entre ses émotions et ce qu'elle vit, qui lui évite de se perdre dans des reflets de reflets qu'elle est prompte à fabriquer, qui l'incite à creuser au plus profond d'elle. Alors elle pourra devenir une créatrice incomparable qui saura propulser dans la matière les formes de l'Homme nouveau.
Pour conclure ce paragraphe, je tiens à rappeler que je ne prétends pas réduire l'homme et la femme à ce que je viens d'en dire. C'est juste que par rapport à ce qu'il y a à vivre aujourd'hui, ce sont de telles croyances dont il convient de s'imprégner. Elles nous ramènent à ce que nous sommes et ce que nous voulons être. Elles nous permettent de comprendre un peu mieux pourquoi la rencontre homme-femme est indispensable, qu'elle n'a pas encore eu lieu, mais qu'elle se prépare par le rééquilibrage en chacun de ces deux polarités.
Il y a certainement de très belles choses à vivre encore en
couple, à condition de revoir les règles du jeu. Trois me semblent
particulièrement importantes :
1. être authentique,
2. voir
la relation comme une offre d'occasions de grandir,
3. c'est tout.
Les
deux premières règles se comprennent aisément après
tout ce qu'on vient de voir. La troisième mérite quelques
explications. Elle signifie en fait que pour tout le reste, il n'y a plus de règles
fixes, que c'est affaire de liberté, de créativité, et
d'entente entre les partenaires.
Par exemple, rien n'oblige deux partenaires
qui s'aiment et qui se sentent profondément liés l'un à
l'autre de dormir ensemble, de vivre ensemble, ou encore de se raconter leurs
moindres faits et gestes
S'ils veulent dormir ensemble, qu'ils le fassent,
mais que ce soit simplement pour le plaisir et pas une habitude, un rituel, une
obligation morale, ni une peur de se perdre. Et s'ils préfèrent ne
pas dormir ensemble, ou pas toujours, alors qu'ils suivent leurs envies et y
prennent leur plaisir sans faire de projections du genre " il/elle ne
m'aime pas ".
Bien sûr il y aura des moments où ce que
l'un voudra l'autre ne le voudra pas, et inversement. Ce sera une bonne occasion
de tester la qualité de la communication
Allant encore plus loin, je dirai que rien ne les oblige non plus à être
des partenaires exclusifs, c'est-à-dire à être monogames. On
peut l'être si on le souhaite, mais on peut aussi ne pas l'être.
Otter G'Zell a inventé un très joli mot pour désigner la
philosophie et la pratique d'aimer plus d'une personne à la fois :
polyamory. Ceci permet de bien la distinguer de ce qu'elle n'est pas, notamment
:
- ce n'est pas de l'adultère, l'histoire des milliards de fois répétée
de " épouses, maîtresses et concubines ", car l'adultère
repose sur la tricherie tandis que ces nouvelles relations sont fondées
sur l'honnêteté, qui a pour corollaires je le rappelle l'amour
inconditionnel et le respect de la liberté de l'autre. Cela implique que
si l'un des partenaires veut s'engager dans de telles relations et l'autre pas,
aucun ne peut brider la liberté de l'autre.
- polyamory n'est pas
non plus de l'échangisme, qui se réduit à des relations
sexuelles, sans histoire d'amour ni cheminement spirituel ; pour autant, rien
n'interdit de pratiquer l'échangisme, car on fait ce qu'on veut de son
sexe !
- ce n'est ni de l'amour libre façon années 60, qui
est en fait un amour désincarné où tout le monde aime tout
le monde, ce qui est plus facile quand tout le monde est stone et qu'il n'y a
pas les devoirs du petit à faire, le lavabo à déboucher, ni
la poubelle à sortir !
- enfin, ce n'est pas la solution facile à
des problèmes relationnels tant les défis sont grands.
Bref, là où je veux en venir, c'est qu'il ne s'agit ni d'être
monogame ni d'être polygame, ni d'être hétérosexuel ni
d'être homosexuel, mais de vivre ce qu'on sent devoir vivre en laissant à
son/sa/ses partenaires la liberté de vivre ce qu'il/elle sent devoir
vivre. C'est certainement une des plus belles preuve d'amour et un des meilleurs
encouragements à la croissance que de laisser à ceux qu'on aime la
liberté d'aimer d'autres personnes.
De même, il n'y a pas de règles
concernant la durée. La relation peut être d'un jour ou d'un vie.
L'important est ce qu'elle permet d'accomplir. Il faut beaucoup d'honnêteté
pour reconnaître qu'une relation est terminée et que le moment est
venu de passer à autre chose. Cela ne rend pas forcément moins
douloureuse la séparation. Quand des choses fortes ont été
vécues avec quelqu'un, il y a un incontournable processus de nettoyage à
accomplir avant de pouvoir passer à autre chose.
Parmi les formes les plus intéressantes que peuvent prendre les
relations amoureuses, je retiendrai :
- la bulle, un état quasi
hypnotique de bonheur total, un sentiment de fusion océanique où
l'on se perd. C'est très agréable, mais totalement stérile
! A vivre comme une expérience en état de conscience modifié,
et puis en sortir.
- la fusion : elle se distingue de la bulle en cela que
l'individualité reste maintenue malgré le sentiment très
fort et quasi permanent d'être l'autre. C'est aussi un état plus
ouvert sur le monde, qui permet la réalisation de projets concrets. C'est
très créatif, avec de la magie permanente et des synchronicités
à n'en plus finir. C'est très riche, très intense, mais il
faut savoir en sortir quand l'évolution individuelle des partenaires
commence à être entravée par l'entité commune qu'ils
ont créée et qui devient envahissante et autonome.
- le jeu
de miroir : il opère soit par réflexion directe, chacun renvoyant à
l'autre l'image de ses qualités et de ses défauts, soit par réflexions
inversée, les qualités de l'un reflétant les défauts
de l'autres et vice versa. Le jeu de miroir fonctionne en fait dans toutes nos
relations. Mais dans le couple, le phénomène est exacerbé
par la promiscuité et la familiarité. De telles relations sont
irremplaçables pour travailler sur soi, et jouent un indéniable rôle
psychothérapeutique. Mais là encore, il ne faut pas que ça
dure trop longtemps parce que ce n'est pas très marrant d'avoir toujours
le nez dans son caca !
Tout ceci prépare en fait le terrain à une nouvelle forme de
relation que j'appelle le partenariat co-créatif où :
-
chacun a déjà parcouru le chemin de découverte de son ombre
et d'équilibrage de ses polarités ; en quelque sorte ce n'est plus
Shiva qui rencontre Shatki, c'est Shiva-Shatki qui rencontre Shatki-Shiva ;
-
chacun respecte l'autre et ne cherche pas à le changer ;
- chacun
souhaite grandir ;
- la relation est un chemin d'accomplissement des Noces
Cosmiques, des Noces du Ciel et de la Terre, une union par le cur des
corps et des âmes pour semer la graine du Nouveau.
Tel est en tout cas
mon aspiration, mon rêve, et je le partage
Pour clore cette partie consacrée aux relations hommes-femmes, je
joins en complément :
- un lien vers un poème que j'ai écrit
en 1993 je crois, et un peu retouché l'année dernière à
l'occasion de sa publication sur internet ; mon inexpérience de l'époque
me fait penser que j'ai du être plutôt bien inspiré
:
les noces cosmiques;
- des
extraits du texte de la cérémonie de mariage de Neale Walsh,
l'auteur de conversations avec dieu ; même si c'est un peu
gneu-gneu, il y a quelques bonnes choses à prendre :
"Neale et Nancy sont venus rendre public leur amour mutuel, pour
annoncer leur vérité, pour déclarer leur choix de vivre, d'être
partenaires, de croître ensemble.
Neale et Nancy, vous m'avez
dit vous entendre tous les deux sur le fait que vous n'entrez pas dans ce
mariage pour des raisons de sécurité, que la seule sécurité
réelle n'est pas dans la possession ni dans le fait d'être possédé,
ni en exigeant, en croyant ou même en espérant que l'autre vous
fournira ce dont vous pensez avoir besoin dans la vie, mais plutôt en
sachant que tout ce dont vous avez besoin dans la vie, tout l'amour, toute la
sagesse, toute l'intuition, tout le pouvoir, toute la connaissance, toute la
compréhension, toute l'affection, toute la compassion, toute la force résident
en vous, et que vous ne vous mariez pas dans l'espoir d'obtenir ces choses, mais
dans l'espoir d'offrir ce cadeau afin que l'autre puisse les avoir encore plus
abondamment.
Neale et Nancy, vous m'avez dit vous entendre fermement
sur le fait que vous n'entriez pas dans ce mariage afin de vous limiter, de vous
contrôler, de vous empêcher de quoi que ce soit ou de vous
restreindre l'un l'autre d'aucune façon, de toute expression véritable
et de toute célébration honnête de ce qu'il y a de meilleur
et de plus élevé en vous, y compris votre amour de dieu, de la
vie, des gens, de la créativité, du travail, ou tout autre aspect
de votre être qui vous représente de façon authentique et
qui vous apporte la joie.
Finalement, Neale et Nancy, vous m'avez dit
ne pas considérer le mariage comme une production d'obligations mais
comme une offre d'occasions, d'occasions de croissance, de pleinement vous
exprimer, d'élever votre vie à son potentiel le plus élevé,
de guérir chaque idée fausse ou mesquine que vous ayez jamais eu à
propos de vous-même et de vivre l'ultime réunion avec dieu à
travers la communion de vos deux âmes, que ceci est véritablement
une sainte communion, un voyage dans la vie avec quelqu'un que vous aimez comme
un partenaire égal, en partageant l'autorité et les responsabilité
inhérentes comme tout partenariat, en portant également les
fardeaux qui peuvent survenir, en jouissant également des merveilles.
Moi
Neale, je te demande Nancy d'être ma partenaire, mon amie, mon amante, ma
femme. Je t'annonce et déclare mon intention de t'accorder mon amitié
et mon amour les plus profonds, non seulement dans tes moments forts mais aussi
dans tes moments faibles, non seulement lorsque tu te rappelleras clairement
Qui-tu-es mais aussi quand tu l'oublieras, non seulement lorsque tu agiras avec
amour mais aussi lorsque tu ne le feras pas. Je t'annonce également
devant dieu et devant ceux ici présents que je chercherai toujours à
voir en toi la lumière de la divinité, et chercherai toujours à
partager la lumière de la divinité en moi, même et surtout
dans les moments de noirceur qui pourront survenir. J'ai l'intention d'être
à jamais avec toi, dans un partenariat sacré de l'âme, afin
que nous puissions accomplir l'uvre de dieu, en partageant tout ce qui est
bon en nous avec tous ceux dont nous atteignons la vie. Moi Nancy, je te demande
Neale
Nous reconnaissons avec une conscience entière
que seul un couple peut s'administrer mutuellement le sacrement du mariage et
que lui seul peut le sanctifier
"
Concernant les deux autres grands thèmes que j'aimerais aborder ici, les relations parents-enfants et les relations de pouvoir, je serai plus bref. Les raisons de cette brièveté sont diverses. D'abord, la métaphysique sous-jacente est plus simple que dans le cas des relations hommes-femmes ; ensuite, je les ai moins travaillées ; enfin, je commence à avoir le cerveau ramolli et le moment approche de terminer cette note !
L'essentiel pour moi tient en deux points :
D'abord, il convient de
changer notre regard sur les enfants : ce sont avant tout des âmes venues
sur Terre pour vivre une expérience terrestre, avec tout un bagage, des
talents, des défis, ainsi que des relations déjà nouées
avec d'autres êtres incarnés. Cela prend encore plus d'importance
dans le contexte des Oasis, car il est évident que si un enfant vient à
y naître, c'est qu'il a vraiment quelque chose à y faire. Et ne
croyons pas qu'ils auront tous l'apparence d'anges de douceur ! Certains revêtiront
l'habit du petit démon pour accomplir la tâche ingrate de saboteur.
Ingrate parce qu'ils seront naturellement ostracisés. Leur raison d'être
sera de forcer le groupe, par leurs comportements, à sortir de la léthargie
dans laquelle il pourrait être tombé !
L'autre point important est qu'un enfant n'est nullement la propriété
de ses géniteurs. D'abord il n'appartient à personne en
particulier, ni à un groupe en général. Il n'appartient qu'à
lui-même. C'est pourquoi il doit pouvoir choisir qui bon lui semble pour
tenir le rôle de 'papa' et de 'maman'. Il peut même s'en choisir
plusieurs, et en changer quand il en a envie. Pour ce faire, les adultes, ainsi
que les enfants les plus âgés, doivent être disponibles, ce
qui signifie en particulier être prêts à considérer
n'importe quel enfant comme s'ils en étaient le père ou la mère
ou la frère ou la sur. Il leur faut aussi admettre que 'bébé'
est un être déjà complet qui dispose de la capacité
de décider ce qui est bon pour lui.
En disant cela, je ne souhaite
pas briser le lien privilégié qui existe nécessairement
entre l'enfant et ses géniteurs : cf. en particulier celui qui s'établit
avec la mère lorsqu'elle le nourrit au sein, cf. aussi ce que j'ai dit
dans la note 2 à propos des bébés kangourous
En
revanche, il me semble souhaitable que ce lien ne soit pas exclusif, c'est-à-dire
que l'enfant s'habitue à tous les regards, toutes les voix, toutes les
peaux, et que très vite lui soit donnée la possibilité de
choisir avec qui il préfère être pour manger, pour dormir,
pour apprendre, pour se confier, pour rêver, etc. J'insiste sur le fait
que cette liberté s'étend aussi à la possibilité de
vivre en-dehors de l'Oasis, qui n'est ni une prison ni une institution
d'endoctrinement !
Il y a certainement beaucoup d'autres choses à dire sur le sujet. Ce sera pour plus tard, ou bien à d'autres de le faire
Ce mot a principalement trois acceptations :
- le pouvoir personnel, au
sens chamanique,
- la relation de pouvoir, avec pour pendant la soumission à
l'autorité,
- le pouvoir dans les décisions collectives.
Les deux premières sont liées, car il est évident qu'un
individu qui a dépassé ses peurs ne saurait être contraints à
agir contre son gré. Si l'on se retrouve dans de telles situations, que
ce soit dans la position de celui qui exerce son autorité sur autrui ou
dans la position de celui qui s'y soumet, c'est qu'il y a encore des peurs à
affronter et à nettoyer. Il apparaît évident
que le projet qui se dégage au fil de ces notes s'adresse à des
personnes qui ont déjà accompli l'essentiel de ce travail. Je ne
dis pas qu'elles doivent être exemptes de peurs, car nul ne saurait prétendre
avoir atteint cet état (12). L'important est qu'elles
soient capables de choisir ce qu'elles ont envie de vivre, et que ce choix reflète
une intention de création et pas des peurs, des désirs de fuite ni
autre chose du même genre. C'est alors que surgit un intéressant
problème : comment des individus libres peuvent-ils mener à bien
des actions collectives qui concernent leurs choix de vie les plus intimes ?
La
question n'est pas anodine. Elle affleure constamment dans la plupart des
projets nouveaux qui sont lancés aujourd'hui. L'on a affaire
effectivement à des gens mûrs, ou plus précisément mûris
par l'expérience, qui ont fait tout un cheminement spirituel et/ou
psychothérapeutique grâce auquel ils ont retrouvé leur
pouvoir personnel. A l'heure de faire choix d'une nouvelle vie, si possible avec
d'autres, voilà que chacun a son rêve, qui ne recoupe que rarement
celui des autres, et que, fort de sa liberté chèrement reconquise,
il ne tient pas à brader. Exemple de conséquence : les projets d'écovillages
pullulent, les réalisations ne suivent pas.
Avant de réfléchir au problème de la décision
chez des être libres, voyons déjà ce qui se fait chez ceux
qui sont 'moins' libres.
On trouve d'abord le modèle
hiérarchique, celui du 'chef' qui d'une manière ou d'une autre
impose ses décisions : par son autorité naturelle, la
manipulation, le chantage, la force, l'argent, etc., autant de leviers qui
jouent sur la peur (13)
avantages : réaction
promptes face à l'urgence; il peut aider des gens à grandir en les
poussant à dépasser des limites qu'ils s'imposent (cf. les
chantiers des cathédrales, cf. aujourd'hui le sport
);
inconvénients
: les dérives totalitaristes, l'absolutisme; les désirs futiles de
l'ego qui prennent le pas sur l'uvre collective
Je précise qu'un Maître d'Oeuvre qui réalise un projet
n'est pas forcément un 'chef' au sens ci-dessus. Je comparerai sa tâche
à la direction d'un orchestre. Dans un grand orchestre, les différents
instruments ont du mal à s'entendre. Par exemple le hautbois, qui a les
oreilles pleines de la furie des trombones et des timbales, peut difficilement
entendre les violons. Le chef d'orchestre est la grande oreille qui coordonne
l'action de tous. Et s'il peut le faire, c'est qu'il est aussi le dépositaire
de la vision d'ensemble de l'uvre : il dispose en effet d'une partition
complète tandis que les musiciens n'ont que celle de leur instrument, ce
qui leur donne assez de travail.
De même dans un projet, le Maître
d'Oeuvre n'est pas censé avoir plus de pouvoir que les autres, à
moins qu'il ne se prenne pour un dictateur et que les autres acceptent de se
soumettre à son autorité ! Il est juste celui qui, parce qu'il
possède le talent de voir l'uvre dans son ensemble, est à même
de coordonner l'action de tous. Il ne s'agit donc pas tant d'une question de
pouvoir que de répartition des tâches.
Le modèle démocratique est à
l'opposé du modèle hiérarchique. Il suppose que
l'intelligence des décisions n'est plus dans un individu mais dans le
groupe (14). Le modèle comporte deux variantes selon
que les décisions sont prises à la majorité ou font l'objet
d'un consensus.
avantage du modèle majoritaire : permet de trancher
relativement vite dans des grands groupes
inconvénients : toutes les
décisions peuvent se jouer à une seule voix près ; toute décision
crée un sous-groupe plus ou moins important de déçus ; ne
permet pas des changements en profondeur car il faut toujours faire des
compromis
avantage du modèle consensuel : tout le monde est d'accord, ce qui
facilite le passage à l'acte
inconvénients : lenteur, qui le
rend inapte à la prise de décisions urgentes ; difficulté
d'impulser des changements importants
J'ajoute que le fait qu'il y ait large majorité ou consensus n'est en rien une garantie contre l'erreur. Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes. Et dans un groupe qui cherche un consensus, on sait combien les phénomènes de foule comme la contagion affective peuvent jouer, allant jusqu'à créer des signes et des synchronicités. Autrement dit, une foule peut très facilement s'auto-intoxiquer. On imagine la qualité des décisions prises dans ces conditions.
Ces réflexions basiques me conduisent à distinguer les décisions
à prendre dans l'urgence en réaction à des événements,
des décisions concernant des choix de vie.
Dans l'urgence, il est
souvent urgent de ne rien faire, parce que les agitations hystériques
tendent à aggraver les problèmes. Mais il est important de
comprendre que ce 'rien faire' doit être une véritable décision,
et pas le résultat d'un laisser-faire, d'un j'm'en foutisme, ni d'un "
je veux rien voir, rien savoir ".
Parfois, il faut vraiment faire
quelque chose, et la décision à prendre à ce moment là
peut avoir d'importantes conséquences. Par exemple en cas d'incendie de
forêt ou d'inondation, faut-il évacuer tout le monde ou pas ?
En
fait, dans le contexte des Oasis, qui est aussi celui du Jeu de la Création,
la situation peut être vécue de manière très différente
du contexte habituel. La raison en est simplement que les événements,
tous les événements, sont notre création. Bien sûr,
ce sont parfois des créations d'un collectif qui nous dépasse de
beaucoup, comme Tchernobyle, des tremblements de terre, ou des tempêtes.
Dans des cas de genre, c'est la manière dont le groupe en général
et chaque individu en particulier va être affecté par l'événement
qui est notre création. L'important est donc de ne pas réagir aux événements
mais de conserver en toutes circonstances l'esprit du Jeu de la Création.
C'est ainsi, en se réappropriant l'événement, qu'il est
possible d'être peu ou pas affecté, de la même manière
que l'on a vu des orages s'écarter de nos feux de la Saint Jean. Et si un
individu ou le groupe est touché, c'est qu'il y a des réajustements
à faire chez cet individu particulier ou dans le groupe.
Venons-en maintenant aux décisions concernant des choix de vie
collectifs entre des individus libres. Je trouve très édifiantes
les aventures du célèbre amiral anglais Nelson. Je les ai
entendues relatées lors d'une conférence il y a quelques années,
et je les répète de mémoire, n'ayant pas trouvé
d'informations plus précises, ne les ayant d'ailleurs pas beaucoup cherchées
Les
anglais attribuent à Nelson deux grandes victoire navales sur les français,
l'une à Aboukir si mes souvenirs sont bons, et l'autre à
Trafalgar. Or, il a participé à la première bataille dans
l'inconscience la plus totale, assommé je crois par la chute d'une voile,
et lors de la seconde, il est carrément mort ! Autrement dit, il n'a
physiquement dirigé aucune de ces batailles. Pourtant, les anglais n'ont
pas hésité à lui attribuer le mérite de ces
victoires. Cela tient à sa conception très personnelle de l'art du
commandement. On raconte qu'il passait beaucoup de temps avec ses capitaines,
parlant beaucoup de stratégie bien sûr, mais aussi de leur famille,
de dieu, etc. Toutes ces rencontres et discussion avaient façonné
une sorte d'âme collective. Donc qu'il fut ou non présent lors de
la bataille ne changeait pas grand chose : chaque capitaine savait ce que
l'amiral lui aurait commandé de faire.
La leçon que j'en tire
est celle-ci : des individus libres qui souhaiteraient créer un espace de
vie commun ne doivent pas se contenter d'affinités personnelles ni d'un
accord de surface sur des modalités pratiques (du genre : des matériaux
biocompatibles pour la construction des maisons
). Il est indispensable de
descendre beaucoup plus en profondeur pour voir les résonances entre
leurs visions du monde.
Je précise qu'à
la différence du mécanisme de production d'un consensus, la
convergence ne résulte ici ni d'un échange d'arguments visant à
convaincre, ni d'une contagion affective. Ce sont des 'compagnons du plan' qui
se retrouvent. Au gré de synchronicités et de résonances (15), ils se reconnaissent, se reconnectent à ce qu'ils
sont et à ce qu'ils ont à faire ensemble. Par 'compagnons du plan'
j'entends donc des gens venus spécialement sur Terre pour accomplir en
groupe des missions de ce genre.
Ce n'est que par des résonances à
des niveaux aussi profonds que des joueurs de la création peuvent entrer
dans des jeux de co-création. Pour moi, la plus belle analogie de tels
jeux dans le monde actuel se rencontre dans le jazz contemporain. Au cur
des improvisations, il y a véritablement des moments de magie pure. Parce
qu'ils se reconnaissent et qu'ils s'aiment, parce qu'ils ont la même
conception de la musique, parce qu'ils savent s'écouter, et parce qu'ils
savent rester eux-mêmes au milieu des autres, soudain une musique jaillit
sous les doigts des musiciens dont personne en particulier et tout le monde à
la fois est/sont créateurs. C'est la musique de l'âme du groupe.
De même, la vision partagée et les intentions
communes sont le germe d'une âme collective (16).
J'emploie à dessein le mot âme pour signifier sa dimension créatrice,
ce qui l'oppose pour moi à la foule, qui est un phénomène
plus simple d'amplification émotionnelle dont l'intelligence est absente.
Faute
d'être capable d'engendrer une telle âme collective, c'est que les
gens, mus par des motivations profondes très différentes, se
seront agglutinés par opportunisme autour d'un projet commun. L'éclatement
est inévitable et survient en général assez rapidement. Je
ne parle pas d'échec dans la mesure où ce genre d'expérience
est éminemment formatrice. C'est juste que le véritable but
qu'elle a permis d'atteindre (pour chacun un travail sur les motivations et les
relations) n'était pas le but apparent.
Je ne sais si le moment est mûr pour lancer des actions collectives de
co-création entre des êtres libres. Il faut bien comprendre que ce
que je propose est une remise en cause radicale de tout ce que nous vivons, et
pas seulement de tel ou tel aspect particulier (l'alimentation, ou
l'agriculture, ou l'économie). Malgré les apparences, la plupart
des projets qui prétendent impulser du nouveau restent en fait très
conservateurs. Certes, les révolutions partielles sont indispensables à
titre expérimental pour explorer de nouvelles possibilités. Mais
elles ne constituent pas une alternative de vie, car pour cela, c'est toute la
vision du monde qui doit changer. A titre de rappel, la révolution
industrielle n'est pas une conséquence d'une révolution technique
mais d'un changement total de la vision du monde, de l'homme, et de leurs
rapports. J'ai consacré tout un livre à ce sujet (l'évolution
des civilisations, non publié), qui est aussi évoqué
dans
nos pensées créent le monde,
chapitre 11.
Si la plupart des
projets lancés aujourd'hui sont aussi peu enthousiasmants comme
alternative de vie (sinon ils attireraient plus de jeunes, il y aurait plus de
vie, de joie, moins d'obstacles et de galères), c'est que : 1. soit ils
ont des finalités cachés comme je l'ai montré plus haut ;
2. soit ce sont des modèles expérimentaux dans des domaines
restreints (voir par exemple la note 4) ; 3. soit ils s'enracinent dans la réaction
plutôt que dans la création. Les motivations liées à
l'écologie ou à l'agriculture biologique sont typiques, tant il
est clair que l'engouement pour ces sujets tient plus de la réaction à
différents scandales qu'à une compréhension profonde de la
nature et de ses relations avec l'homme.
Si le moment n'est pas encore mûr
pour lancer des expériences plus radicales, alors nous verrons encore
beaucoup de projets compromis du genre des écovillages. Et du compromis à
la compromission il n'y a pas loin. J'imagine très bien une récupération
du mouvement par le système (comme on voit de plus en plus l'agriculture
bio récupérée par la grande distribution et les grands
groupes alimentaires) sous des prétextes d'aménagement rural, de réinsertion
sociale, etc. On verra aussi des projets plus aventureux autour de leaders
charismatiques. Les êtres libres désireux de construire un nouveau
monde devront chercher ailleurs que sur ces rustines sur un monde crevé.
J'espère quand même que très vite des 'compagnons du plan'
se retrouveront pour impulser du Nouveau. Sinon on en sera réduit à
contempler ça de là-haut !
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1. Je rappelle que les souvenirs ne sont pas du passé mais des reconstructions faites au présent. C'est pourquoi nous ne sommes pas prisonniers du passé, qui peut être changé. Nous avons autant de liberté à reconstruire notre passé que nous en avons à construire le futur !
2. J'en profite pour signaler qu'il est possible de vivre
des expériences hors d'un cadre spatio-temporel, et qui restent néanmoins
bien organisées et signifiantes. Pour comprendre cela, je vais prendre
une analogie cinématographique.
Considérez un film. La manière
habituelle de le regarder consiste à projeter les images au rythme de 25
par secondes, ce qui permet d'assister au déroulement d'une histoire dans
l'espace et le temps. Imaginez que vous saucissonniez ce film et que vous
colliez toutes les images qui le constituent sur un mur. Il n'y aurait plus
vraiment d'histoire ; tout existerait ici et maintenant. Vous pourriez alors réorganiser
ce tableau à votre guise, mettant ensemble les scènes d'amour, les
scènes de guerre, les discussions, etc.
Considérons à
présent une vie humaine et même plusieurs vies. Dans un cadre
spatio-temporel, on a différentes histoires qui se déroulent.
Maintenant mettons à plat toutes ces vies, comme nous l'avons fait pour
le film. C'est une telle vision que doit avoir l'âme multidimensionnelle
dont elles sont l'émanation. De ce point de vue, la notion de réincarnation
n'a pas de sens, ni évidemment celle de karma ; ce sont des incarnations
simultanées.
Cette approche prend tout son intérêt si,
dans ces vies mises à plat, l'on regroupe les expériences par
types. Ainsi l'on va découvrir que ce qu'on a vécu lorsqu'on avait
15 ans dans un certain contexte, une certaine mise en scène dirai-je, est
la même chose que ce qu'on a vécu à 25 ans dans une autre
mise en scène, et est aussi la même chose qu'un événement
qu'a vécu notre grand-père lorsqu'il était jeune. Toutes
ces expériences sont la même expérience, le même scénario
qui est joué et rejoué ; l'une n'est pas cause des autres : elles
existent toutes simultanément. Et lorsque quelqu'un, dans l'une
quelconque de ces mises en scène, parvient à dénouer le nud
qui bloquait l'issue, c'est l'expérience globale qui prend sens, et
toutes les âmes impliquées qui se trouvent enrichies.
3. cf. les témoignages de ceux qui ont visité l'autre côté du miroir, Alain Guillo, Monroe, etc.
4. C'est cette immobilisation sous l'une ou l'autre forme que prônent la plupart des grandes traditions : dissolution de l'ego dans le grand tout pour le bouddhisme ; survivance de l'âme individuelle dans le christianisme et les doctrines réincarnationnistes.
5. Je rappelle qu'il est possible de vivre l'orgasme en-dehors de la sexualité, et certains habitués des expériences hors du corps comme les Meurois-Givaudan rapportent l'avoir vécu lors de ces 'voyages'. Notons aussi que la sexualité chez l'être humain se distancie de la pure biochimie en cela que des images mentales suffisent à déclencher l'excitation et peuvent stimuler jusqu'à l'orgasme. Cf. les extases de sainte Thérèse.
6. C'est la raison pour laquelle de telles expériences sont concevables dans le cadre de relations homosexuelles.
7. C'est un point qui m'a souvent frappé dans les expériences décrites par les mystiques : tous prétendent être devenus Tout, et pourtant quand on détaille un peu, on constate que ce Tout n'est pas le même pour tous ! Par exemple dans le Tout des mystiques chrétiens il n'y a à ma connaissance pas beaucoup de plantes, d'animaux et de microbes ; inversement, les chamanes deviennent facilement Un avec la nature, dans laquelle on voit rarement des Jésus et des Marie. Autrement dit ce sont des 'Tout' partiels, ce qui montre bien que c'est plus le sentiment de complétude éprouvé qui compte que le contenu lui-même de Tout.
8. Les termes masculin et féminin, équivalents à anima et animus, désignent les qualités qu'incarnent préférentiellement hommes et femmes respectivement, mais il est important de se souvenir que les membres de chaque sexe sont porteurs des deux, et doivent redécouvrir et rééquilibrer en chacun d'eux les deux pôles.
9. Certes la femme n'invente pas d'armes comme le font souvent remarquer les féministes, mais elles ne sont pas pour autant exemptes de violence ! Elles savent très bien user de violence, que ce soit par des mots qui sont autant de dagues, que par des actions dans l'invisible. Par exemple Martine a récemment évoqué cette anecdote datant de plusieurs années : un jour, elle était tellement furieuse contre moi que toute sa violence est passée dans le verre qu'elle tenait ; le serrant à peine il a éclaté ; deuxième acte de cette courte pièce : par on ne sait quel mystère, un bout de verre est entré dans ma chaussure et m'a blessé le pied !
10. Ce n'est pas par hasard si à l'heure actuelle les femmes sont plus impliquées que les hommes dans le nettoyage des mémoires ancestrales, que ce soit par le biais de stages, de psychothérapies, ou autres.
11. On trouve dans le mouvement new-age une forte tendance chez les femmes à vouloir initier les hommes, les ouvrir à leur féminité. C'est bien. Mais paradoxalement, on en trouve très peu qui admettent avoir besoin elles aussi d'être initiées par des hommes pour s'ouvrir à leur masculinité. Je crois que c'est parce que la plupart ne sont pas encore prêtes à accepter une de leur ombre majeure qui est la violence, y compris celle exercée contre elles-mêmes sous forme notamment de maladies. Elles se réfugient derrière le fait qu'elles sont porteuses de vie pour se cacher à elle-même cette facette, tout comme la plupart des hommes se réfugient derrière leur panoplie de guerrier (qui dans sa version moderne comprend voiture, raquette de tennis et cravate ) pour ne pas voir l'ombre de leurs émotions.
12. Je pense au drame vécu par les templiers. Beaucoup de ces hommes " sans peur et sans reproche ", capables d'endurer les pires souffrances dans leurs combats contre les Infidèles en terre sainte, se sont littéralement effondrés dans les prisons de Philippe le Bel au point d'avouer tout et n'importe quoi. De son côté Sergio Leone, dans son chef d'uvre il était une fois la révolution, propose une superbe réflexion sur le courage et la peur.
13. J'en profite pour rappeler que celui qui se soumet à l'autorité et celui qui exerce l'autorité sont en miroir. Une expérience faite sur des rats le montre très bien. Première étape : on constitue un certain nombre de groupes. Spontanément, ces groupes se hiérarchisent. Deuxième étape : on fait un groupe avec tous les chefs et un autre groupe avec tous les rats qui se sont retrouvés au plus bas de la hiérarchie. Résultat : ces groupes se hiérarchisent à leur tour. Je pense que l'homme fonctionne de la même manière. C'est pourquoi couper la tête des tyrans n'a jamais rien résolu. C'est la peur qui les fait naître. C'est donc d'elle que les hommes doivent d'abord se défaire.
14. C'est évidemment le cas idéal car il apparaît évident que la majorité des démocraties actuelles ne sont que des façades pour des leaders de la première catégorie.
15. Cela me permet de préciser que cet ouvrage sur lequel je travaille n'a nullement pour but de convaincre qui que ce soit. Je vise : 1. à formuler d'abord pour moi-même ce que j'ai envie de vivre ; 2. à commencer à incarner ce rêve, car la formulation verbale est la première étape de la descente dans la matière ; 3. grâce à cet effort de synthèse et de clarté, à provoquer des résonances chez les personnes sensibles à ces harmonies pour qu'elles se reconnaissent.
16 Ce qu'ils appelaient à Findhorn 'l'ange du jardin' était une telle âme collective.