Le Jeu de la CréationdeVahé Zartarian(éditions les 3 Monts, 1997) |
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Dans ce livre s'exprime l'essentiel des mécanisme qui nous régissent. L'évolution de l'espèce humaine l'a conduite de la connaissance informulée des règles du jeu (les prétendus primitifs) à un aveuglement pénible mais nécessaire, axé sur le "je", qui lui a fait perdre la vision de l'ensemble et l'a contrainte à se concentrer sur l'image de la création, l'apparence, l'illusion. Ce processus était nécessaire car c'est du reflet qu'il nous est possible de remonter consciemment à la source, une source trop vaste pour être embrassée par une compréhension d'homme. Ce livre nous fait donc franchir une nouvelle étape : il offre à chacun les moyens de découvrir par lui-même sa réalité individuelle, il propose les clés qui ouvrent les portes de la grande conscience cosmique. Alain Guillo |
De doctes gens, sous un arbre assemblés, papotent pour se faire du vent. Passe un Enfant qui demande naïvement :
- Quel est le sens de la vie ?
Tout le monde se gratte un moment la tête, l'air de dire : « Il y a bien longtemps que je ne me suis pas posé la question ».
Le théologien est le premier à rompre le silence. Tout de noir vêtu, austère et sûr de lui, il répond posément :
- Mon enfant, vois-tu, seul Dieu sait la réponse. Il t'observe, et à ta mort, te jugera pour le bien et le mal que tu auras faits.
- Foutaises, mensonges et superstitions, invective le savant avec force gestes malhabiles qui font ressortir sa tenue dépareillée, laquelle doit manifestement plus au hasard qu'au bon goût ! Tu n'inventes dieu et la vie après la mort que pour mieux tenir les hommes sous ta coupe. Ecoute plutôt ceci, petit : un jour, par hasard, s'est produite une sorte de grande explosion d'où est née la matière bla-bla-bla les atomes ont fusionné pour former les étoiles bla-bla-bla sur notre planète, encore par hasard, des molécules se sont assemblées qui ont donné la vie bla-bla-bla par une suite d'évolutions au hasard, l'homme à son tour est apparu bla-bla-bla par hasard toujours, un spermatozoïde a rencontré un ovule, et ainsi tu es né.
- Halte-là, s'exclame le philosophe ! Tu prétends que le sens de la vie, c'est au fond le hasard. Mais les choses sont encore bien plus simples : la vie est absurde ! Car si je dis que nous avons tous été créés il y a cinq minutes avec toute notre mémoire, ou bien que je suis le seul à être conscient et que vous autres n'êtes que des robots énonçant des phrases sans conscience, rien ne permet de trancher. La vie est absurde, tout simplement absurde.
Et il sombre dans une profonde mélancolie. Ses doigts caressent une longue barbe hirsute où s'accrochent quelques vieux restes de repas, créés sans doute eux aussi il y a cinq minutes par un robot sans conscience.
- Tout n'est que rêve, et les rêves rêves de rêves, renchérit timidement le poète, qui sombre lui aussi dans une profonde mélancolie et s'absorbe dans la contemplation de son soulier percé.
L'Enfant se tourne alors vers l'ascète, silencieux et figé dans une impeccable posture.
- Et toi, connais-tu le sens de la vie ?
Pendant un long moment, on n'entend que le bruit de sa respiration qui va et qui vient lentement. Et puis enfin il sort de son extase et daigne prononcer quelques mots :
- Par la concentration du souffle, on apaise le mental; par l'apaisement du mental, on atteint à la suprême vacuité. Alors, le Silence, total, absolu.
Un rire tonitruant se fait soudain entendre, et un personnage aux manières quelque peu étranges entre en scène. On le dirait fou bien que ses habits soient tout à fait ordinaires. Mais n'est-ce pas le propre des fous de vouloir passer pour normaux ? Quoiqu'il en soit, il est merveilleusement lumineux, vivant et présent.
- Ha ha ha ! Quelle vie magnifique il se fait celui-là sur son coussin, à se torturer le corps et réprimer ses désirs ! Ha ha ha !
- Qui es-tu, demande l'Enfant ?
- Oui, qui es-tu, toi, pour oser ainsi interrompre cette assemblée ?
- Je le reconnais, c'est le Fou. Je parie qu'il ne sait même pas où il est.
- Quelle question ! Je suis Ici bien sûr !
- Ha ha ha, s'exclame en coeur l'assemblée.
-Et il ne sait sûrement pas l'heure qu'il est.
- A ma montre, il est Maintenant, indubitablement !
- Ha ha ha !
- Et que fais-tu, Ici et Maintenant ?
- Je fais l'HOMME, pas vous ?
- Faire l'HOMME ? Tu aurais donc La Réponse à ma question, toi, Le Fou, demande l'Enfant en écarquillant les yeux ?
-La Réponse ? Ha ha ha ! J'en ai une en tout cas qui me convient, pleine de joie, d'amour, et de surprises. Viens voir par ici, petit.
Il s'approche d'une jeune plante, et entreprend d'uriner copieusement dessus.
- Ha ha ha ! Voilà qui fait du bien ! Ma vessie était pleine, je l'ai soulagée; cette jeune pousse avait soif, je l'ai abreuvée. Ha ha ha !
- Qu'es-tu en vérité, demande l'Enfant ?
- Je joue à être tour à tour prêtre, savant, poète, philosophe, ascète. Je joue à être homme et femme, arbre, soleil et eau. Je suis Le Fou plein de vie. Je suis ton futur, créateur inépuisable et éternel, créateur de bonheur, créateur d'univers. Ha ha ha ! Je crée, je joue, je jouis ! Je joue, je jouis, je ris ! Je jouis, je ris, j'applaudis ! Et je rejoue !
Le Fou saisit l'enfant et l'embrasse tendrement, comme une mère embrasse son petit. Celui-ci a soudain envie d'uriner à son tour. Mais seules trois petites gouttes s'écoulent, qui tombent en courbe et s'accrochent à une toile d'araignée, et qui, reflétant le Soleil, forment un triangle parfait. Il rit, et se met en devoir de poursuivre et de rattraper ce merveilleux futur, bien décidé à en faire son présent.
Cette histoire ne peut être que vraie puisque je viens de l'inventer ! Seriez-vous prêt à la faire vôtre, c'est-à-dire à redevenir un enfant qui rêve, qui se rêve conscience créatrice de joie et d'amour, créatrice d'univers, maîtresse de son existence, et qui joue pour le réaliser ?
- Oui, sans doute, mais
Des "mais", il y en a plein, le premier étant que d'innombrables paradis ont déjà été promis à l'homme, qui ont semble-t-il causé plus de peines que de joies. Alors en quoi celui-ci serait-il différent ? Je ne chercherai surtout pas à vous convaincre, vous seul le pouvez ! Sachez seulement lire ce livre avec autant de coeur que de raison, chacun tempérant les excès de l'autre, et forgez-vous votre propre opinion. En tout cas, ce n'est pas parce que les précédentes tentatives de bâtir un monde meilleur n'ont pas complètement abouti qu'il faut abandonner la quête. Mille fois sur le métier
- Alors d'accord pour jouer à ce jeu, mais
Il y a donc un autre "mais". Voilà que s'insinue le doute, le doute sur vos capacités à rêver et à projeter vos rêves dans la réalité. Si c'est le cas, alors le moment est venu de briser cette entrave. Au fond ce n'est pas si compliqué. Commencez par constater ceci : « je souffre ». Ce peut être parce que vous avez mal quelque part, parce qu'un être vous manque, parce que vous n'avez pas de travail, ou que vous en avez trop, ou un qui ne vous plaît pas. Bref, les raisons de souffrir ne manquent pas, qui au fond se ramènent au fait vous ne comprenez pas le sens de ce qui vous arrive, le sens de votre existence, et cela vous déchire le corps et le coeur.
A présent, constatez : « j'existe ». Ne vous prenez surtout pas la tête pour savoir qui est ce "je", ni quelles sont les multiples significations d'"exister", du moins pas pour le moment. Ressentez simplement le fait d'être là, vivant. Certes vous souffrez, certes un vaste monde s'agite au-dehors, qui semble aller droit à la catastrophe. Mais il y a aussi tout au fond de vous cette vitalité indescriptible, celle-là même qui engendre tous les êtres et fait la beauté du monde. La force créatrice est là, présente, qui ne demande qu'à se révéler et à s'exprimer.
Les tendances profondes de l'homme sont positives. Malheureusement, pour diverses raisons, ces tendances profondes sont occultées par tout un fatras de croyances stupides, qui conduisent à diriger l'essentiel de l'attention sur les aspects négatifs de l'expérience terrestre.
Constatez maintenant : « je préfère la joie à la souffrance ». Si vous en êtes convaincu, et ce doit être le cas sauf pathologie grave, alors c'est que l'état de joie existe déjà en vous. Pour aspirer à "autre chose", vous devez avoir une idée de son existence, même vague, même considérablement déformée. Au fond, vous savez possible d'exprimer dans votre existence ces forces de vie qui vous animent.
Constatez enfin ceci : « je partage avec tous les hommes la même matière, au sens le plus prosaïque : matière qui constitue mon corps, que je mange, bois, respire, sur laquelle je marche, etc. ». L'unité de l'homme est là, sous vos yeux, pleinement visible, et point n'est besoin de recourir à d'occultes principes. Donc ce que l'un peut, l'autre le peut également.
Si vous êtes d'accord avec tout cela, et qui ne le serait pas, c'est que vous êtes capables d'être plus grand que ce que vous croyez, c'est que vous êtes prêts à vous laisser guider par la force créatrice vers un futur plein de joie.
« Oui mais » dirons encore certains. Il y a évidemment encore un "mais" :
- Comment peut-on se permettre d'être heureux quand il y a tant de gens de par le monde qui souffrent, de faim, de maladie, de guerre, et de sévices divers, quand le monde lui-même est si mal en point ?
La culpabilité, voilà bien une autre de ces croyances qui créent des entraves. Le moment là encore est venu de commencer à vous en libérer. Songez donc à ceci. Souvenez-vous de ce jour où vous étiez cloué au lit par un accident ou une maladie. Et le défilé des compatissants n'en finissait pas :
- Mon (ou ma) pauvre, comme c'est terrible ce qui vous arrive.
- J'ai bien connu un cas semblable, il a terriblement souffert !
- Vous en aurez pour un bon mois, si ce n'est deux, et la convalescence, je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous décourager.
Sincèrement, tous ces lugubres ne vous enfonçaient-ils pas à chaque fois un peu plus dans votre souffrance ? Ne préfériez-vous pas plutôt les visites de cette cousine radieuse, pleine de vie, qui vous prenait la main et vous racontait les derniers progrès de son petit, ainsi que ses bêtises ? C'est la vie qui vous a guéri, pas la souffrance. Le bonheur est donc non seulement un droit, mais aussi un devoir. C'est un devoir que vous avez envers vous-même, par respect pour votre propre vie et celle de toutes les cellules qui vous constituent, et envers l'humanité entière, car ce n'est qu'ainsi que vous aiderez valablement les autres à sortir du labyrinthe de leurs propres souffrances.
Vous pouvez prendre la vie comme une absurdité, auquel cas vous vous rendez malheureux à coup sûr, et d'autres avec vous. Vous pouvez croire que des incantations, des offrandes et des génuflexions vous apporteront un jour le bonheur, dans un hypothétique au-delà dont vous ne savez rien; mais en attendant, vous souffrez. Vous pouvez aussi vous abrutir pour oublier que vous souffrez, vous abrutir de travail, d'idées ou de drogues de toutes sortes, de consommation et autres futilités : sous l'emplâtre, le mal progresse, et finit tôt ou tard par vous emporter.
Franchement, si vous aviez à choisir votre vie, lui donneriez-vous l'un de ces sens ? Ils ne vous satisfont pas, évidemment. Pourtant la majorité des êtres humains les adoptent sans discussion. Ayant abdiqué leur pouvoir créateur et leur liberté, ils n'osent pas les remettre en cause et se créent ainsi des existences pleines de souffrances.
En vérité, vous avez le choix, non pas dans une autre vie, mais dans celle-ci. A l'instant même, vous pouvez décider de la prendre comme un jeu, auquel cas vous vous donnez au moins une chance d'être heureux. Ce n'est pas si difficile de jouer ainsi. Souvenez-vous :
Vous aviez 7, 8 ans, ou 10 ans, peu importe. Avec vos frères, soeurs, cousins, amis, vous aviez décidé de jouer aux chevaliers. Vous étiez Lancelot, un autre était Ivanohé, un autre encore le terrible Shérif de Nottingham. Il y avait aussi la belle princesse, et des seigneurs, et le roi accompagné de sa reine. Avec des coussins en guise d'armes et des cartons en guise de boucliers, vous aviez organisés un magnifique tournoi. Tout se déroulait merveilleusement bien parce que chacun comprenait et acceptait la règle du jeu. Jusqu'au moment où Nottingham, ce traître, vous avait enfoncé sa hache dans le dos. a vous avait fait mal, parce que le shérif était vraiment méchant et que c'était une vraie hache en mousse qui avait transpercé votre vraie armure en carton. Vous aviez pleuré. Alors votre maman était arrivée, vous avait fait une bise, vous avait rappelé que ce n'était qu'un jeu, et la douleur avait disparu. Ensuite, tout le monde avait bien ri en prenant le goûter.
Considérez maintenant votre vie d'adulte. N'est-elle pas semblable à ce jeu, à la différence près que vous vous êtes tellement identifié à votre personnage que vous avez fini par oublier en être le créateur ! Alors vous ne savez plus vous en sortir. Quand vous avez mal, vous cherchez encore une maman pour vous consoler. Et comme elle ne sait pas guérir ce genre de maux parce qu'elle aussi est perdue dans son rôle, diverses idoles se retrouvent investies de ce pouvoir : des divinités, les nations, l'argent, les savants, les curés, les docteurs, les gourous, certaines idées même, etc. Mais la consolation qu'elles apportent est triste. Vous les acceptez faute de mieux, en sachant bien tout au fond qu'au lieu de vous libérer en vous redonnant la pleine maîtrise de votre pouvoir créateur, elles vous enferment dans de nouveaux rôles. Pourtant, il y a quelqu'un qui vous suit toujours de ce même regard affectueux que porte une mère sur son enfant. Retournez-vous, ne regardez plus derrière en direction du passé, regardez le futur, il est là qui vous appelle et vous invite à jouer avec lui.
Vous ne le voyez pas encore très distinctement ? Alors pour aider à ce qu'il se manifeste mieux, je vous propose un petit jeu. Demandez que d'ici la fin de la lecture de ce livre, vous obteniez un signe vous confirmant que vous allez dans la bonne direction, que le Jeu de la Création est Votre jeu, que vous êtes le créateur de votre vie et avez le pouvoir d'en faire une comédie et non plus une tragédie.
Attention, c'est VOTRE SIGNE que vous appelez, que vous seul reconnaîtrez et qui n'aura de sens que pour vous. Ce pourra être un oiseau qui se pose sur votre fenêtre, une rencontre avec quelqu'un qui prononce des paroles qui résonnent pour vous, un rêve, une prémonition, des retrouvailles avec une ancienne connaissance perdue de vue Demandez simplement un signe, et laissez-le venir à vous. Quand il se présentera, vous le reconnaîtrez à coup sûr puisqu'il s'agit de VOTRE SIGNE, et mieux même, d'un symbole qui vous reconnecte à une autre partie de vous-même. Quant à la manière de formuler votre demande, suivez simplement votre inspiration. Avec des mots ou sans mots, par oral ou par écrit, faites comme vous sentez. Seul compte au fond la pureté de votre intention, qui doit partir du coeur.
Mine de rien, vous venez de recommencer à jouer délibérément ! C'est facile parce qu'une part de vous-même sait déjà tout ce qu'il faut savoir pour jouer. Elle connaît la règle du jeu, le terrain de jeu, les joueurs, le sens du jeu. Telles sont les quatre parties qui composent cet ouvrage. Il n'est finalement qu'une maïeutique, c'est-à-dire qu'il doit vous aider à accoucher de connaissances que vous portez déjà en vous. Quatre parties et douze chapitres qui sont autant de facettes de vous-même. Certes, cette façon de voir la Vie est bien éloignée de la conception actuelle. Que cela ne vous arrête surtout pas. Et si votre mental rechigne, faites-lui simplement accepter de prendre ce livre comme il prendrait un livre de science ou de science-fiction décrivant une curieuse forme de vie sur une planète exotique. Au fil des pages, il se détendra et finira bien par reconnaître que cette histoire le concerne puisque c'est votre histoire !
Il n'y a rien d'autre qu'il faille savoir pour bien jouer la partie. Pour la rendre plus agréable, il me plaît cependant de rajouter ceci :
Préface
Epilogue
Le Jeu de la Création a été publié par :
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éditions des 3 Monts |
tél: 03 86 98 22 15 |
L'ouvrage peut être commandé dans toutes les bonnes librairies, ou bien par Internet à la FNAC (lancer une recherche sur zartarian).
Le Jeu de la Création est diffusé également au Québec et en Suisse:
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pour le Canada: ADL |
pour la Suisse
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